Le Maroc a été élu vendredi à l’unanimité commissaire de la Commission africaine de l’énergie nucléaire (AFCONE) pour un mandat de trois ans, lors de la 7e Conférence des États parties au Traité de Pelindaba, organisée au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie. Cette désignation renforce la place du Royaume parmi les acteurs africains engagés en faveur de l’utilisation pacifique des technologies nucléaires et de la sécurité nucléaire sur le continent.
Organe spécialisé de l’Union africaine, l’AFCONE est chargée de veiller à la mise en œuvre du Traité de Pelindaba, entré en vigueur en 2009, qui fait de l’Afrique une zone exempte d’armes nucléaires. La Commission supervise également la coopération entre les États africains dans les domaines de la sûreté, de la sécurité nucléaire, de la non-prolifération et des applications civiles de l’énergie atomique.
Cette nouvelle élection traduit, selon les autorités marocaines, la confiance accordée au Royaume dans les questions liées à la paix, à la sécurité et au développement durable. Elle s’inscrit dans la stratégie portée par le Maroc en faveur d’un usage exclusivement pacifique des technologies nucléaires, notamment dans les secteurs de la santé, de l’agriculture, de la gestion des ressources en eau et de la recherche scientifique.
Le Royaume s’est progressivement imposé comme un pôle régional de compétences en matière nucléaire grâce au travail du Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN) et de l’Agence marocaine de sûreté et de sécurité nucléaires et radiologiques (AMSSNuR). Les technologies nucléaires sont notamment utilisées au Maroc pour la lutte contre le cancer, le contrôle de la qualité des produits alimentaires, l’amélioration des cultures agricoles, la gestion du stress hydrique et la formation de spécialistes africains.
La délégation marocaine à Addis-Abeba était conduite par Mohamed Arrouchi, ambassadeur et représentant permanent du Royaume auprès de l’Union africaine et de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), accompagné de représentants du CNESTEN et de l’AMSSNuR.
Le poste de commissaire au sein de l’AFCONE revêt une dimension à la fois diplomatique, technique et stratégique. Les commissaires participent à l’élaboration des orientations de la Commission, au suivi des engagements pris par les États africains en matière de non-prolifération nucléaire et au renforcement des capacités du continent dans les applications pacifiques de l’énergie nucléaire.
Cette élection intervient dans un contexte où plusieurs pays africains manifestent un intérêt croissant pour les technologies nucléaires civiles afin de répondre aux défis du développement, de la sécurité alimentaire, de la santé publique et du changement climatique. Pour le Maroc, elle constitue également une reconnaissance de son expertise scientifique et réglementaire ainsi que de son rôle croissant dans la coopération Sud-Sud au sein du continent africain.