La Ligue arabe a vivement condamné les nouvelles frappes menées dimanche par l’Iran contre Bahreïn et le Koweït, estimant que ces attaques compromettent les efforts diplomatiques visant à mettre fin à l’escalade militaire au Moyen-Orient.
Dans un communiqué, le secrétaire général de l’organisation panarabe, Ahmed Aboul Gheit, a tenu Téhéran « pleinement responsable » de ses « actions illégales » qu’il accuse de « saper la paix et la stabilité régionales ».
Il a dénoncé « dans les termes les plus fermes » les attaques menées à l’aide de missiles et de drones contre les deux États du Golfe, appelant à « la cessation immédiate de toute agression iranienne dirigée contre les pays arabes du Golfe ».
Le Conseil de coopération du Golfe affiche son soutien
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassim Al Budaiwi, a également condamné ce qu’il qualifie « d’attaques terroristes préméditées », réaffirmant le soutien de l’organisation à toutes les mesures prises par Bahreïn et le Koweït pour protéger leur souveraineté, leur sécurité et leurs populations.
Ces réactions interviennent quelques heures après les frappes revendiquées par l’Iran contre des installations accueillant des forces américaines dans les deux pays, présentées par Téhéran comme une riposte aux bombardements menés la veille par les États-Unis sur plusieurs objectifs militaires iraniens.
Une escalade qui fragilise les négociations
Selon les autorités iraniennes, ces opérations répondent aux attaques américaines contre le territoire iranien, que Téhéran considère comme une violation du mémorandum d’entente conclu ce mois-ci avec Washington.
Les États-Unis soutiennent au contraire que leurs frappes faisaient suite à des attaques iraniennes contre des navires marchands transitant par le détroit d’Ormuz, axe stratégique pour les exportations mondiales d’hydrocarbures.
Cette nouvelle confrontation intervient alors que les efforts diplomatiques destinés à consolider un cessez-le-feu apparaissent de plus en plus fragiles. Chaque camp accuse désormais l’autre d’avoir rompu les engagements pris ces dernières semaines.
Les pays du Golfe en première ligne
Depuis le début du conflit déclenché fin février, les relations entre l’Iran et plusieurs monarchies du Golfe, notamment Bahreïn, le Koweït et les Émirats arabes unis, se sont fortement dégradées.
Téhéran affirme viser exclusivement les bases militaires américaines implantées dans ces pays. Toutefois, plusieurs attaques ont également provoqué des victimes civiles et endommagé des infrastructures non militaires, alimentant les inquiétudes quant à une régionalisation du conflit.
Les condamnations successives de la Ligue arabe et du Conseil de coopération du Golfe témoignent d’une solidarité croissante entre les États arabes face à cette nouvelle phase de l’escalade, alors que les perspectives d’un retour rapide à la négociation semblent s’éloigner.