La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a confirmé mercredi sa décision de présenter sa démission au président Emmanuel Macron, au lendemain de l’adoption définitive de la loi d’urgence agricole autorisant, à titre exceptionnel, le recours à deux pesticides interdits en France.
Dans un message publié sur le réseau social LinkedIn, la ministre explique avoir accepté d’entrer au gouvernement avec la conviction qu’il était encore possible de faire progresser les politiques environnementales « sans grands effets d’annonce ni promesses irréalisables ».
« La politique n’est pas mon univers », écrit-elle, rappelant que son engagement visait avant tout à défendre « ce qui ne manifeste pas, ne vote pas et ne crie pas : le silence de nos forêts, la qualité de notre eau, la pureté de notre air, la richesse de nos sols et la diversité du vivant ».
Monique Barbut estime toutefois que les résistances à cette politique sont devenues trop fortes pour lui permettre de poursuivre sa mission. Elle indique avoir informé, mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu que les conditions n’étaient plus réunies pour son maintien au sein du gouvernement et qu’elle remettrait officiellement sa démission au chef de l’État.
La ministre avait déjà laissé entendre qu’elle quitterait ses fonctions si la loi agricole était définitivement adoptée. Son entourage avait confirmé cette intention avant même le vote final du texte.
Au cœur de la controverse figure une disposition permettant à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) d’autoriser, sous des conditions strictes et de manière exceptionnelle, l’utilisation de deux substances actives — l’acétamipride et la flupyradifurone — interdites en France mais toujours autorisées au niveau de l’Union européenne, afin de soutenir certaines filières agricoles confrontées à des difficultés économiques.
Cette démission ouvre une nouvelle séquence politique délicate pour le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui dispose d’une majorité parlementaire relative et fait face à des tensions croissantes sur les questions environnementales et agricoles.
Âgée de 69 ans, Monique Barbut est une économiste reconnue et une spécialiste de la diplomatie climatique. Nommée ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature en octobre 2025, elle a notamment dirigé le Fonds pour l’environnement mondial (GEF), occupé les fonctions de secrétaire exécutive de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, présidé WWF France et exercé plusieurs missions internationales consacrées au climat et à la biodiversité.