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La justice bolivienne ordonne l'arrestation d'Evo Morales après les manifestations qui ont paralysé le pays

30 juillet 2026 - 08:27

La Paz – Le parquet général de Bolivie a ordonné mercredi l’arrestation de l’ancien président Evo Morales, soupçonné d’avoir dirigé les manifestations et barrages routiers qui ont paralysé le pays pendant plus de cinquante jours entre mai et juin.

Le procureur général Roger Mariaca a confirmé qu’un mandat d’arrêt avait été délivré dans le cadre d’une enquête sur les blocages de routes ayant provoqué de graves pénuries, notamment à La Paz et El Alto, où l’approvisionnement en denrées alimentaires, médicaments et carburant a été fortement perturbé.

Ces mouvements de contestation, menés par des organisations paysannes, syndicales et sociales, réclamaient la démission du président Rodrigo Paz, accusé de ne pas avoir apporté de réponse à la plus grave crise économique que connaît la Bolivie depuis quarante ans.

Le gouvernement a dénoncé une tentative de déstabilisation de l’ordre démocratique et accuse Evo Morales d’avoir orchestré ces mobilisations. L’enquête repose sur une plainte déposée par le Comité civique Pro Santa Cruz pour des faits présumés de terrorisme et de soulèvement armé, plainte à laquelle s’est ensuite associé le ministère de l’Intérieur.

Sur le réseau social X, Evo Morales a rejeté ces accusations, dénonçant une campagne de persécution politique.

« Ils ne nous intimideront pas. Ils cherchent à nous rendre responsables des mobilisations sociales afin de masquer la profonde crise économique et sociale que traverse la Bolivie », a déclaré l’ancien chef de l’État.

Les manifestations se sont progressivement dissipées après un accord conclu entre le gouvernement et la Centrale ouvrière bolivienne (COB), ainsi que grâce à l’instauration de l’état d’urgence ayant permis le démantèlement des derniers barrages.

Élu en novembre, Rodrigo Paz a mis fin à vingt années de gouvernements socialistes dirigés successivement par Evo Morales puis Luis Arce.

Il s’agit du deuxième mandat d’arrêt visant Evo Morales. Réfugié depuis octobre 2024 dans la région du Chapare, il est protégé par ses partisans. L’ancien président fait également l’objet d’une autre procédure judiciaire pour une affaire présumée de traite d’une mineure, des accusations qu’il rejette, les qualifiant de persécution politique.

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