Le Maroc connaît de profondes mutations démographiques et sociales. Selon le Rapport 2026 sur les indicateurs sociaux publié par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’âge au premier mariage continue de reculer, tandis que la proportion de personnes restant célibataires après 50 ans progresse de manière significative, en particulier chez les femmes.
Le rapport montre qu’en l’espace d’une décennie, la part des hommes célibataires à 50 ans est passée de 7,3 % en 2014 à 9,7 % en 2024, soit une hausse de 2,4 points.
La progression est encore plus marquée chez les femmes, dont le taux de célibat à 50 ans est passé de 8,3 % à 12,4 % sur la même période, enregistrant une augmentation de 4,1 points. Les femmes apparaissent ainsi davantage exposées au célibat définitif que les hommes.
Le phénomène est particulièrement visible en milieu urbain. Les femmes vivant en ville affichent un taux de célibat à 50 ans de 13,1 %, contre 10,8 % chez les hommes. En milieu rural, la hausse est encore plus spectaculaire : la proportion de femmes célibataires est passée de 5,9 % à 11,1 %, tandis que celle des hommes est passée de 5,4 % à 7,7 %.

Le HCP indique également que l’âge moyen au premier mariage atteint désormais 28,5 ans au niveau national, avec une moyenne de 32,4 ans pour les hommes contre 24,6 ans pour les femmes, soit un écart de 7,8 années.
Cette moyenne varie selon le lieu de résidence : 29 ans en milieu urbain contre 27,5 ans en milieu rural. Les hommes se marient en moyenne à 32,8 ans en ville et 31,8 ans à la campagne, tandis que l’âge moyen est de 25,4 ans pour les femmes urbaines et de 23 ans pour les femmes rurales.
Selon le rapport, ces évolutions traduisent les profondes transformations de la famille marocaine sous l’effet des mutations économiques, sociales et culturelles. La hausse du coût de la vie et du logement, l’allongement de la durée des études, les évolutions du marché du travail ainsi que les nouvelles aspirations des jeunes contribuent à retarder la formation des couples.
Ces indicateurs s’inscrivent dans une tendance démographique plus large déjà mise en évidence par le HCP, marquée par la baisse de la fécondité, le recul de l’âge de constitution des ménages et la progression des familles de petite taille, autant d’évolutions qui poseront de nouveaux défis aux politiques sociales et démographiques du Royaume dans les années à venir.