Une nouvelle initiative législative déposée au Congrès américain marque une étape supplémentaire dans les pressions exercées contre le Front Polisario. Les représentants Ronny Jackson (républicain, Texas) et Josh Gottheimer (démocrate, New Jersey) ont présenté un projet de loi demandant au Département d’État d’examiner officiellement l’opportunité d’inscrire le mouvement sur la liste américaine des organisations terroristes étrangères (Foreign Terrorist Organizations – FTO).
Le texte, baptisé « Polisario Front Terrorist Designation Act », s’appuie sur des allégations de liens entre le Polisario, l’Iran et des organisations soutenues par Téhéran, notamment en matière de coopération militaire, de livraisons d’armes, de drones et d’échanges de renseignements.
Une initiative désormais bipartisan
L’élément nouveau réside dans le caractère bipartisan de la proposition.
Si plusieurs élus républicains avaient déjà lancé des initiatives similaires ces dernières semaines, le soutien du démocrate Josh Gottheimer confère au projet une portée politique plus large au sein de la Chambre des représentants.
Selon les auteurs du texte, le secrétaire d’État serait chargé de conduire une évaluation approfondie des activités du Polisario avant toute éventuelle désignation officielle.
Des accusations liées à l’Iran
Dans un communiqué, Ronny Jackson affirme que « l’Iran et ses organisations affiliées utilisent depuis longtemps le Front Polisario pour projeter l’instabilité en Afrique de l’Ouest », appelant l’administration américaine à examiner ces accusations et à prendre, le cas échéant, les mesures nécessaires.
Pour sa part, Josh Gottheimer estime que si les liens allégués avec les Gardiens de la Révolution iraniens (IRGC) et des groupes soutenus par Téhéran sont établis, le Polisario devrait être traité comme toute autre organisation répondant aux critères prévus par la législation américaine en matière de lutte contre le terrorisme.
Des conséquences potentiellement importantes
Le projet de loi ne désigne pas lui-même le Polisario comme organisation terroriste.
Il demande au Département d’État de procéder à une évaluation officielle. Si cette procédure aboutissait à une inscription sur la liste des FTO, celle-ci entraînerait une série de sanctions prévues par le droit américain, notamment le gel d’éventuels avoirs relevant de la juridiction des États-Unis, des restrictions de déplacement ainsi que des limitations concernant les transactions financières.
Une pression croissante au Congrès
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large observé ces dernières semaines au Capitole.
En juillet, plusieurs parlementaires, emmenés notamment par le représentant Joe Wilson, avaient déjà déposé un texte similaire à la Chambre des représentants, tandis que plusieurs sénateurs républicains, dont Ted Cruz, Tom Cotton, Rick Scott et David McCormick, avaient appelé à un examen renforcé des activités du Polisario.
À ce stade, il s’agit d’une proposition de loi. Toute éventuelle désignation du Polisario comme organisation terroriste relève exclusivement de la compétence du Département d’État américain, au terme d’une procédure d’évaluation prévue par la législation fédérale.