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Hassan Aourid : « Les événements de Ceuta ont remis la question sociale au cœur du débat au Maroc »

05 août 2026 - 07:43

L’universitaire et ancien responsable politique marocain Hassan Aourid estime que la vague de passages collectifs vers Sebta (Ceuta) ne peut être réduite à une simple question de migration irrégulière. Selon lui, ces événements révèlent avant tout une crise sociale et politique qui a replacé « la question sociale » au centre du débat public au Maroc.

Dans un article publié sur Al Jazeera Net sous le titre « La mer est devant vous… », Aourid considère que ce qui s’est produit à Sebta constitue un événement sans précédent, tant par le nombre de personnes impliquées que par ses conséquences humaines, politiques et diplomatiques pour le Maroc, l’Espagne et, plus largement, l’Europe.

L’auteur estime que la pauvreté, à elle seule, ne suffit plus à expliquer cette vague migratoire. Selon son analyse, nombre de jeunes ayant risqué leur vie cherchaient avant tout la dignité, les libertés et un horizon d’avenir, davantage qu’une simple amélioration de leurs conditions matérielles.

Hassan Aourid souligne également que les répercussions de cette crise ont rapidement dépassé le cadre humanitaire pour devenir un sujet politique majeur en Espagne, avant de s’étendre au débat européen. Il met en garde contre le risque de voir les mouvements d’extrême droite instrumentaliser ces événements afin d’alimenter leurs discours hostiles à l’immigration.

Concernant le Maroc, il rejette ce qu’il qualifie d’« interprétations hâtives » attribuant ces événements à des calculs diplomatiques ou à des messages politiques adressés à l’Espagne. Selon lui, une telle lecture ne résiste pas à l’analyse, les événements ayant, au contraire, porté atteinte à l’image du Royaume et ne pouvant servir ses intérêts.

L’ancien porte-parole du Palais royal estime par ailleurs que cette crise met en lumière l’affaiblissement des corps intermédiaires — partis politiques, syndicats, société civile, médias et école — dont le recul aurait contribué à creuser le fossé entre la jeunesse et les institutions.

En conclusion, Hassan Aourid considère que les événements de Sebta ont replacé la question sociale au premier plan. Il estime que leur traitement ne peut se limiter à une réponse sécuritaire et plaide pour une approche globale s’attaquant aux causes sociales, économiques et politiques qui poussent des milliers de jeunes à risquer leur vie dans l’espoir d’un avenir meilleur.

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