Le Maroc a participé mercredi à New Delhi à la célébration de la Journée de l’Afrique, organisée par le Groupe des chefs de mission africains accrédités en Inde. Cet événement diplomatique, placé sous le thème « L’Afrique, terre de cultures riches et d’opportunités », a réuni de hauts responsables indiens, les ambassadeurs des pays africains ainsi que des représentants des milieux économique, universitaire et culturel.
Le Royaume était représenté par son ambassadeur en Inde, Mohamed Maliki, également doyen du corps diplomatique africain à New Delhi. Dans son intervention, le diplomate marocain a souligné que le partenariat entre l’Afrique et l’Inde dépasse aujourd’hui le cadre des relations politiques traditionnelles pour s’étendre à l’innovation, à l’enseignement supérieur, à la recherche, à l’entrepreneuriat, à la culture et à la jeunesse.
« Cette relation repose sur la confiance, le respect mutuel et la solidarité », a-t-il déclaré, estimant qu’un développement durable ne peut être construit qu’à partir des priorités définies par les pays africains eux-mêmes.

La cérémonie a également été marquée par la participation du ministre indien des Affaires extérieures, Subrahmanyam Jaishankar, qui a réaffirmé que l’Afrique demeure une priorité de la politique étrangère de New Delhi. Il a rappelé que les échanges commerciaux entre l’Inde et le continent africain ont atteint 93 milliards de dollars en 2025, tandis que les investissements indiens cumulés dépassent 80 milliards de dollars, couvrant des secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’énergie, les télécommunications, l’industrie pharmaceutique, l’agriculture et les services numériques.
Le chef de la diplomatie indienne a également plaidé pour une représentation plus importante de l’Afrique au sein des institutions internationales, estimant qu’un ordre mondial véritablement multipolaire ne saurait se construire sans une place conforme au poids démographique, économique et politique du continent africain.
Dans son allocution, Mohamed Maliki a insisté sur les profondes mutations que connaît aujourd’hui l’Afrique, mettant en avant un continent porté par la population la plus jeune au monde, un potentiel considérable en ressources naturelles et des marchés en pleine expansion. Il a souligné que les pays africains recherchent désormais des partenariats fondés sur le transfert de compétences, l’innovation, l’industrialisation et la création de valeur locale.
Cette vision rejoint les priorités défendues par le Maroc dans le cadre de sa politique africaine, qui privilégie une coopération Sud-Sud pragmatique, fondée sur des projets concrets dans les domaines des infrastructures, des investissements, de la formation, de la sécurité alimentaire et de la transition énergétique.
La participation marocaine a également mis en valeur le patrimoine culturel national grâce à un espace consacré à la gastronomie marocaine, dont plusieurs spécialités traditionnelles ont été proposées aux invités. Une exposition d’œuvres d’artistes africains, organisée avec le Conseil indien des relations culturelles (ICCR), ainsi que plusieurs prestations musicales africaines et indiennes ont complété cette célébration.
Instituée en mémoire de la création, le 25 mai 1963, de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), devenue l’Union africaine en 2002, la Journée de l’Afrique constitue chaque année une plateforme de dialogue destinée à renforcer les partenariats internationaux du continent. Pour le Maroc, cette rencontre a également offert l’occasion de mettre en avant son rôle de passerelle entre l’Afrique et ses partenaires asiatiques, dans un contexte de recomposition des équilibres géopolitiques et de montée en puissance de la coopération Sud-Sud.