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La FIFA resserre les rangs autour d'Infantino après l'abandon du projet d'ouverture au capital privé

06 août 2026 - 09:40

La FIFA a tenté mercredi de tourner la page de la crise provoquée par son projet avorté d’ouverture partielle de ses activités commerciales à des investisseurs privés. Réunis au Complexe Mohammed VI de Salé, au Maroc, les principaux dirigeants de l’instance mondiale du football ont renouvelé leur « plein soutien » à son président, Gianni Infantino, tout en reconnaissant des erreurs dans la gestion du dossier.

Dans un communiqué publié à l’issue de cette réunion extraordinaire, la FIFA a présenté ses excuses pour la manière dont le projet FIFA Forward Enterprise (FFE) a été conduit, admettant que les associations membres et le Conseil auraient dû être davantage associés au processus décisionnel.

L’organisation a confirmé que cette initiative, qui visait à créer une société distincte chargée de gérer les actifs commerciaux de la FIFA avec l’entrée éventuelle d’investisseurs privés, était désormais définitivement abandonnée.

Une crise révélatrice des tensions sur la gouvernance

L’affaire a éclaté fin juillet après les révélations de plusieurs médias sur ce projet de restructuration. Bien que la FIFA ait assuré qu’aucune décision définitive n’aurait été prise sans l’approbation de ses instances, plusieurs confédérations ont dénoncé un manque de transparence et une concentration excessive du pouvoir autour de la présidence.

La UEFA a rapidement pris la tête de l’opposition, bientôt rejointe par la Concacaf, obligeant finalement Gianni Infantino à retirer son projet.

Cette séquence a ravivé les interrogations sur le mode de gouvernance de la FIFA, régulièrement critiqué pour son fonctionnement très centralisé depuis l’arrivée d’Infantino à sa tête en 2016.

Des critiques jusque dans les rangs de la FIFA

La contestation n’est plus seulement externe. Plusieurs responsables de la FIFA ont publiquement pris leurs distances avec cette initiative.

Le directeur du développement du football mondial, Arsène Wenger, a assuré n’avoir jamais été associé au projet, tandis que le secrétaire général Mattias Grafström a évoqué dans une lettre interne « une série d’événements regrettables » ayant heureusement conduit à l’abandon définitif de cette réforme.

Le départ du principal conseiller de Gianni Infantino, Carlos Cordeiro, venu s’ajouter à cette crise, a également illustré les tensions internes.

À l’extérieur, les critiques continuent de s’accumuler. Le Premier ministre canadien Mark Carney a déclaré ne plus avoir confiance dans le président de la FIFA, estimant qu’un projet d’une telle ampleur ne pouvait être élaboré sans consultation des instances dirigeantes. La UEFA envisage toujours des recours juridiques, tandis que l’Association des Ligues européennes réclame une réforme plus profonde de la gouvernance de l’organisation.

Une autorité fragilisée avant l’élection de 2027

Malgré cette crise, Gianni Infantino demeure, à ce stade, le seul candidat déclaré à sa succession lors de l’élection présidentielle prévue en mars 2027 à Rabat.

Si quelques fédérations européennes ont officiellement retiré leur soutien, le président italo-suisse conserve encore une majorité solide au sein de nombreuses fédérations africaines, asiatiques et latino-américaines.

Au-delà du seul abandon de FIFA Forward Enterprise, cette crise met en lumière les débats croissants sur la gouvernance du football mondial, la transparence des décisions stratégiques et l’équilibre entre les impératifs économiques de la FIFA et la confiance de ses associations membres. Elle pourrait peser durablement sur le climat politique de l’organisation à l’approche de la prochaine élection présidentielle.

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