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Les barrages marocains abordent le pic de l'été avec des réserves d'eau exceptionnellement élevées

06 août 2026 - 09:46

Alors que le Maroc traverse l’un des épisodes de chaleur les plus marqués de cet été, les réserves hydriques du Royaume demeurent à un niveau particulièrement élevé, offrant une marge de sécurité appréciable pour l’alimentation en eau potable, l’irrigation agricole et les différents usages économiques.

Selon les dernières données du ministère de l’Équipement et de l’Eau, les barrages marocains stockaient, au 3 août, près de 11,9 milliards de mètres cubes d’eau, soit un taux de remplissage national de 69,8 %. Ce niveau reste largement supérieur à celui enregistré à la même période de 2025, où les retenues n’étaient remplies qu’à 35,3 %.

Cette évolution traduit les effets positifs des précipitations enregistrées au cours de la dernière saison humide, qui ont permis au Royaume de reconstituer une grande partie de ses réserves après plusieurs années de sécheresse.

Une légère baisse sous l’effet de la canicule

Les fortes températures observées depuis plusieurs semaines commencent néanmoins à peser sur les réserves. En l’espace d’une semaine, le taux de remplissage national est passé de 70,6 % à 69,8 %, sous l’effet combiné de l’augmentation de la consommation d’eau, notamment pour l’irrigation, et d’une évaporation plus importante liée à la chaleur.

Cette baisse demeure toutefois limitée et ne remet pas en cause la situation globalement favorable des ressources hydriques du pays.

Des situations contrastées selon les bassins

La répartition des réserves reste très inégale d’un bassin hydraulique à l’autre.

Le bassin du Tensift affiche actuellement le meilleur taux de remplissage avec 85,2 %, devant ceux du Loukkos (83,2 %), du Sebou (82,9 %) et du Bouregreg (82,2 %), qui bénéficient encore d’importants volumes d’eau.

Le Sebou demeure de loin le principal réservoir hydraulique du Royaume avec 4,46 milliards de mètres cubes stockés. Le barrage Al Wahda, premier ouvrage hydraulique du pays, atteint à lui seul près de 3 milliards de mètres cubes, avec un taux de remplissage de 86 %.

Dans le bassin du Loukkos, plusieurs barrages dépassent désormais les 90 % de leur capacité, notamment Dar Khrofa, Charif Al Idrissi, Tanger Med et Kharroub.

Le bassin de l’Oum Er-Rbia affiche pour sa part un taux de remplissage de 61,6 %. Si plusieurs ouvrages approchent de leur capacité maximale, le barrage Al Massira, deuxième plus grand du Maroc, demeure à environ 40 %, avec un volume supérieur à un milliard de mètres cubes.

Les régions du Sud restent plus vulnérables

La situation demeure plus fragile dans les bassins méridionaux, traditionnellement exposés au stress hydrique.

Le bassin de Drâa-Oued Noun présente un taux moyen de 33,2 %, tandis que celui de Guir-Ziz-Ghéris atteint 42,4 %. Le bassin du Souss-Massa s’établit à 50,2 %, avec toutefois d’importantes disparités entre les différents barrages.

Dans le bassin de la Moulouya, le taux de remplissage atteint 57,3 %, mais certains ouvrages stratégiques conservent des niveaux relativement faibles.

Une amélioration qui ne doit pas faire oublier les défis

Comparées à l’année dernière, les réserves d’eau ont pratiquement doublé, passant de 5,93 milliards à près de 11,9 milliards de mètres cubes. Cette amélioration constitue un atout majeur pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable et accompagner les besoins agricoles pendant la période estivale.

Pour autant, les autorités restent attentives à l’évolution de la situation. Les épisodes répétés de fortes chaleurs, l’augmentation de la demande en eau et les effets du changement climatique rappellent que la préservation de la ressource demeure un enjeu stratégique pour le Maroc. Malgré une situation aujourd’hui beaucoup plus favorable, la gestion rationnelle de l’eau continue de s’imposer comme l’un des principaux défis du Royaume dans les années à venir.

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