La justice espagnole enquête sur six agressions sexuelles présumées commises à Sebta contre des personnes migrantes arrivées lors du récent afflux. La plupart des victimes seraient des femmes ou des jeunes filles, dont plusieurs mineures. Aucune arrestation n’a été annoncée à ce stade.
Un tribunal de Sebta a ouvert des investigations sur six cas d’agressions sexuelles présumées visant des personnes migrantes entrées dans la ville lors de l’afflux massif des 30 et 31 juillet, a confirmé samedi la délégation du gouvernement espagnol.
Les autorités n’ont fourni aucune précision sur l’identité des suspects ni sur les circonstances exactes des faits. Des sources judiciaires et sanitaires citées par l’agence Europa Press indiquent toutefois que la majorité des victimes seraient des femmes, parmi lesquelles figureraient des mineures. La présence éventuelle d’un homme parmi les personnes agressées n’est pas non plus exclue.
Le nombre de personnes ayant sollicité une prise en charge à l’Hôpital universitaire de Sebta après avoir déclaré avoir subi un viol ou une autre forme de violence sexuelle serait supérieur aux six dossiers actuellement examinés par la justice. Pour la seule journée du mardi 4 août, l’établissement hospitalier aurait reçu trois cas susceptibles de relever d’une agression sexuelle.
La radio espagnole Cadena SER rapporte, de son côté, qu’au moins quatre mineures non accompagnées ont été prises en charge. Deux d’entre elles ont déclaré avoir échappé à une tentative de viol, tandis que les deux autres présentaient des signes compatibles avec une agression sexuelle consommée.
Le quotidien local El Pueblo de Ceuta avait précédemment fait état d’au moins cinq filles ou adolescentes, âgées de moins de 14 ans, accueillies à l’hôpital après des viols présumés. Le parquet n’avait alors ouvert que deux procédures. Le nombre d’affaires judiciaires a depuis été porté à six.
Aucune interpellation liée à ces dossiers n’a été officiellement annoncée. L’identité et la nationalité des agresseurs présumés n’ont pas davantage été établies. Les enquêtes devront déterminer les circonstances de chaque affaire et identifier les éventuels responsables.
Save the Children alerte sur une « vulnérabilité particulière »
Ces révélations interviennent dans un contexte humanitaire particulièrement tendu, alors que de nombreuses femmes, adolescentes et mineures non accompagnées demeurent hors des structures d’accueil ou dans une situation de grande précarité.
Dans un communiqué publié le 6 août, Save the Children Espagne a alerté sur la « vulnérabilité particulière » des filles et adolescentes migrantes arrivées à Sebta. L’organisation estime que l’absence d’identification rapide, d’hébergement sécurisé et d’accompagnement spécialisé accroît leur exposition aux violences sexuelles, à la traite des êtres humains et à l’exploitation.
L’ONG appelle les autorités à accélérer leur identification et leur intégration dans le système de protection de l’enfance. Elle demande également la mise à disposition d’espaces sûrs ainsi qu’un accompagnement psychologique, social et juridique adapté.
Save the Children rappelle que les jeunes filles demeurant dans la rue, cachées dans des zones boisées ou en dehors des dispositifs officiels constituent l’un des groupes les plus exposés. Le système de protection de Sebta, conçu pour accueillir moins d’une centaine de mineurs, prend actuellement en charge près d’un millier d’enfants et d’adolescents migrants.
Les faits faisant toujours l’objet d’investigations, les autorités n’ont pas encore établi les responsabilités pénales. Les personnes concernées doivent, à ce stade, être considérées comme victimes d’agressions présumées, en attendant les conclusions médicales et judiciaires.