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Feijóo promet Rabat comme première destination s’il devient chef du gouvernement espagnol

10 août 2026 - 18:42

Malgré ses critiques sévères sur la gestion de la crise migratoire à Ceuta, le dirigeant du Parti populaire espagnol affirme vouloir construire avec le Maroc une relation « fluide et respectueuse », fondée sur la réciprocité.

Alberto Núñez Feijóo, chef du Parti populaire (PP) et principal dirigeant de l’opposition espagnole, a annoncé que le Maroc serait la destination de son premier déplacement officiel à l’étranger s’il accédait à la présidence du gouvernement.

Interrogé par le journal espagnol OKDIARIO sur le pays qu’il choisirait pour sa première visite, Feijóo a répondu sans ambiguïté : « Je pense que le premier voyage doit être au Maroc et, pour ma part, il le serait ».

Cette déclaration intervient dans un contexte de fortes tensions politiques en Espagne autour de l’arrivée massive de migrants à Ceuta. Le dirigeant conservateur accuse le gouvernement de Pedro Sánchez d’avoir manqué d’anticipation et de fermeté face à la crise, tout en reconnaissant le caractère stratégique des relations entre Madrid et Rabat.

« Le Maroc doit être un partenaire stratégique de notre pays », a-t-il déclaré. Selon lui, une relation « intelligente et efficace » entre les deux voisins pourrait produire des bénéfices importants pour l’Espagne, le Maroc, l’Union européenne et l’ensemble du Maghreb.

Feijóo a également insisté sur la nécessité d’établir cette relation sur une base de réciprocité. « J’ai un intérêt absolu à bien m’entendre avec le Maroc. Je lui demande seulement de me respecter ; moi, je le respecterai », a-t-il affirmé.

Une ligne mêlant coopération et fermeté

Le chef de l’opposition espagnole adopte ainsi une position articulée autour de deux principes : préserver le dialogue avec Rabat et défendre fermement les intérêts espagnols.

Concernant les événements de Ceuta, il estime que le Maroc n’a pas encore fourni les explications attendues par l’Espagne. Il s’est toutefois gardé d’accuser directement le roi Mohammed VI d’avoir été à l’origine de la crise, rappelant qu’il ne disposait d’aucun élément lui permettant d’établir une telle responsabilité.

Ses attaques se concentrent principalement sur Pedro Sánchez. Feijóo accuse le président du gouvernement d’avoir d’abord « méprisé » le Maroc au début de son mandat avant d’adopter, selon lui, une attitude excessivement conciliante à l’égard de Rabat. Il considère que le chef de l’exécutif espagnol n’est plus en mesure de défendre efficacement les intérêts de son pays dans cette relation bilatérale.

Le président du PP s’est également prononcé en faveur du retour au Maroc des mineurs non accompagnés arrivés à Ceuta. Une telle procédure ne peut toutefois être automatique : elle doit respecter la législation espagnole, les garanties internationales relatives à la protection de l’enfance et l’examen individuel de la situation de chaque mineur.

Le retour à une tradition diplomatique

En choisissant Rabat comme première destination, Feijóo entend renouer avec une tradition non écrite de la diplomatie espagnole. Felipe González, José María Aznar, José Luis Rodríguez Zapatero et Mariano Rajoy avaient accordé au Maroc une place prioritaire au début de leurs mandats.

Pedro Sánchez avait rompu avec cet usage en choisissant Paris pour son premier déplacement bilatéral en 2018, avant de se rendre à Rabat quelques mois plus tard.

Ce n’est pas la première fois que Feijóo formule cet engagement. En juillet 2023, à la veille des élections législatives espagnoles, il avait déjà déclaré que son premier voyage dans un pays étranger en qualité de président du gouvernement serait consacré au Maroc.

Sa nouvelle déclaration confirme donc une orientation constante : quelles que soient les tensions ponctuelles entre les deux pays, le dirigeant conservateur considère Rabat comme un passage diplomatique incontournable pour tout futur gouvernement espagnol.

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