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Drames migratoires à Sebta occupée : appel à préserver l’ADN des victimes non identifiées

24 août 2026 - 07:53

La Ligue marocaine de défense des droits humains a appelé les autorités espagnoles à préserver les prélèvements biologiques et l’ensemble des données concernant les corps non identifiés retrouvés après les récentes tentatives de passage vers la ville occupée de Sebta. L’organisation redoute que l’inhumation de ces dépouilles ne compromette leur identification future et le droit des familles à connaître le sort de leurs proches.

Dans un communiqué, la section provinciale de la Ligue à M’diq-Fnideq-Martil exprime son inquiétude face au sort de plusieurs victimes ayant péri en mer. Elle rappelle que la mort ne prive pas une personne de sa dignité et que les familles conservent le droit de connaître les circonstances du décès et de récupérer la dépouille de leur proche, une fois les procédures légales accomplies.

L’organisation demande aux autorités espagnoles, en particulier à celles de Sebta, de conserver tous les documents, données médico-légales et échantillons biologiques associés aux corps non identifiés. Ces éléments pourraient permettre de relancer ultérieurement les procédures d’identification, notamment par des analyses ADN.

Elle réclame également une coordination urgente et transparente entre le Maroc et l’Espagne, associant les autorités judiciaires, les services consulaires et les instituts de médecine légale. L’objectif serait d’accélérer l’identification des victimes, puis de remettre les dépouilles à leurs familles ou de les rapatrier au Maroc conformément aux procédures en vigueur.

La Ligue appelle, lorsque le cadre juridique le permet, à suspendre toute nouvelle inhumation de corps non identifiés jusqu’à l’épuisement des démarches d’identification. Elle insiste sur la nécessité de réaliser des prélèvements ADN et de conserver, dans des conditions appropriées, un dossier complet pour chaque dépouille.

Elle préconise par ailleurs de transmettre aux autorités marocaines les informations susceptibles de faciliter l’identification des victimes et de tenir les familles informées des résultats des examens ainsi que des circonstances établies de la mort.

Le communiqué propose enfin la création d’un mécanisme conjoint maroco-espagnol chargé du suivi des personnes disparues et des victimes liées aux tentatives migratoires vers Sebta occupée. Cette structure permettrait de centraliser les informations et d’améliorer leur échange entre les services compétents des deux pays.

La Ligue demande également que les associations de défense des droits humains puissent suivre le dossier, estimant que la situation exige davantage de transparence.

Pour l’organisation, cette question doit être traitée à l’écart de toute instrumentalisation politique ou sécuritaire : « Une dépouille ne peut être réduite à un simple dossier administratif et une victime ne doit pas devenir un numéro anonyme. » Elle appelle ainsi les gouvernements marocain et espagnol à privilégier une approche humaine et à mobiliser tous les moyens juridiques et techniques disponibles pour rendre aux victimes leur identité et les restituer à leurs familles.

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