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À Luanda, Bourita appelle l’Afrique à investir davantage dans la prévention des conflits

29 août 2026 - 15:58

Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a défendu samedi devant l’Union africaine une approche qui ne se limite pas à gérer les crises après leur déclenchement. Le Maroc soutient le Plan d’action de Luanda, tout en insistant sur la coordination avec les Nations unies et sur le respect des procédures budgétaires de l’organisation continentale.

Le Maroc appelle l’Union africaine à placer la prévention au centre de son dispositif de paix et de sécurité. Intervenant samedi à Luanda lors de la 26e session extraordinaire du Conseil exécutif de l’UA, Nasser Bourita a estimé que le continent devait agir davantage sur les causes profondes des conflits au lieu de concentrer ses efforts sur leur seule gestion une fois les violences déclenchées.

La réunion est consacrée au renforcement des mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits, ainsi qu’à leur financement. Elle doit notamment déboucher sur l’adoption du Plan d’action de Luanda et de sa matrice de mise en œuvre.

Pour le chef de la diplomatie marocaine, l’efficacité de la prévention suppose de placer le lien entre paix, sécurité et développement au cœur des politiques continentales. Il ne suffit donc pas de renforcer les instruments diplomatiques ou sécuritaires : l’Afrique doit également investir dans les facteurs économiques, sociaux et institutionnels susceptibles de produire une paix durable.

Cette approche repose sur l’idée que la pauvreté, la fragilité des institutions, les inégalités, le déficit d’opportunités et l’exclusion peuvent alimenter les tensions et faciliter leur transformation en crises ouvertes. Prévenir les conflits implique, dans cette perspective, d’intervenir avant que ces vulnérabilités ne débouchent sur la violence.

Le Maroc soutient le Plan d’action de Luanda

Bourita a affirmé le soutien du Royaume aux orientations et aux objectifs de la session extraordinaire. Le Maroc accueille favorablement l’ambition portée par le Plan d’action de Luanda, destiné à rendre plus opérationnelle l’Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA).

Cette architecture regroupe les principaux instruments de l’Union africaine en matière d’anticipation, de médiation, de gestion des crises et de consolidation de la paix. Son renforcement doit contribuer à la réalisation de l’objectif d’« une Afrique pacifique et sûre ».

Le ministre a toutefois souligné deux conditions de mise en œuvre. La première concerne la cohérence entre l’Union africaine et les Nations unies, qui doit, selon lui, demeurer un principe directeur. Cette coordination vise notamment à éviter les chevauchements institutionnels et à assurer une meilleure articulation entre les initiatives continentales et les mécanismes internationaux.

La seconde porte sur le financement. Le Maroc considère que les dispositifs financiers mobilisés pour appliquer le plan doivent respecter les règles et les procédures budgétaires de l’Union africaine. Cette précision renvoie à un enjeu récurrent pour l’organisation : assurer des ressources suffisantes et prévisibles à ses opérations tout en maintenant la transparence et le contrôle institutionnel des dépenses.

Passer de la réaction à l’anticipation

La session de Luanda se tient en application d’une décision prise lors de la 39e Conférence ordinaire des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, organisée en février 2026. Celle-ci avait appelé à la tenue d’une rencontre consacrée aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits ainsi qu’à leur financement.

Le continent reste confronté à des crises multiples, des changements anticonstitutionnels de pouvoir aux conflits armés, en passant par le terrorisme et les déplacements de populations. Dans ce contexte, le débat de Luanda porte moins sur la création de nouveaux principes que sur la capacité à rendre les mécanismes existants plus rapides, mieux coordonnés et effectivement financés.

À l’issue de la session, les participants doivent adopter une décision ainsi que le Plan d’action de Luanda et sa matrice de mise en œuvre. Leur portée dépendra cependant de la traduction des engagements politiques en dispositifs opérationnels, en financements contrôlés et en interventions suffisamment précoces pour empêcher les tensions de se transformer en conflits.

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