Gianni Infantino briguera un nouveau mandat en mars 2027 malgré la plus grave crise interne de sa présidence. Son projet avorté d’ouvrir les revenus des compétitions de la FIFA aux investisseurs privés lui a fait perdre plusieurs soutiens, mais le dirigeant conserve l’appui de la Confédération africaine de football. L’élection se tiendra à Rabat.
Gianni Infantino reste candidat à sa propre succession à la tête de la FIFA. Un porte-parole de l’instance l’a confirmé dimanche, mettant fin aux interrogations provoquées par la contestation croissante de sa gouvernance.
« Le président de la FIFA a annoncé en avril qu’il se présenterait à l’élection de 2027. Bien entendu, rien n’a changé », a déclaré le porte-parole.
Agé de 56 ans, Infantino dirige la FIFA depuis 2016. Il a été réélu sans adversaire en 2019 puis en 2023. Une nouvelle victoire lui permettrait de rester à la tête du football mondial jusqu’en 2031.
Le scrutin aura lieu le 18 mars 2027 lors du 77e Congrès de la FIFA, organisé à Rabat. Pour être élu, le candidat devra obtenir la majorité simple des suffrages des 211 fédérations membres.
Une crise autour des revenus du Mondial
La confirmation de sa candidature intervient alors que le football mondial traverse une profonde division. La crise a été déclenchée par le projet FIFA Forward Enterprise, qui prévoyait la création d’une structure commerciale ouverte à des investisseurs privés et adossée aux revenus des compétitions de la FIFA, dont la Coupe du monde.
Le manque de consultation et de transparence entourant cette initiative a suscité une vive opposition. Ses détracteurs redoutaient qu’une partie du principal patrimoine commercial du football mondial soit placée sous l’influence de capitaux privés.
Infantino a finalement abandonné le projet, sans parvenir à éteindre la contestation. L’UEFA, la Concacaf et la Confédération asiatique ont remis en cause sa méthode de gouvernance, tandis que plusieurs fédérations nationales ont annoncé qu’elles ne soutiendraient pas sa réélection.
La FIFA a répliqué en accusant l’UEFA de mener une « campagne de diffamation ». Le conflit a également pris une dimension juridique, l’instance européenne cherchant à obtenir des documents sur le projet abandonné et les investisseurs concernés.
Le soutien décisif de l’Afrique
Face à l’opposition d’une partie du football européen et d’autres confédérations, Infantino conserve le soutien officiel de la Confédération africaine de football. Les fédérations africaines ont annoncé leur appui à sa candidature pour la période 2027-2031.
Ce soutien lui offre une base électorale importante, sans garantir mécaniquement l’ensemble des voix africaines. Le scrutin est individuel et secret, et des divergences pourraient apparaître au sein de certaines fédérations.
La Fédération royale marocaine de football a, pour sa part, officiellement apporté son soutien à Gianni Infantino.
Le dirigeant italo-suisse reste à ce jour le seul candidat déclaré. Victor Montagliani, président de la Concacaf et vice-président de la FIFA, est régulièrement cité comme son adversaire potentiel, mais n’a pas encore officialisé sa candidature. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, a écarté cette possibilité.
Les candidats ont jusqu’au 18 novembre pour se déclarer. L’enjeu est désormais de savoir si les opposants à Infantino parviendront à dépasser leurs divergences et à soutenir une personnalité capable de réunir une majorité.
Infantino demeure favori grâce au réseau d’alliances construit depuis dix ans. Il se présentera néanmoins à Rabat avec une autorité fragilisée et sous la pression d’un débat devenu central : jusqu’où peut aller le pouvoir du président de la FIFA sur la gouvernance et les revenus du football mondial ?