Malgré les appels à faciliter l’engagement politique des jeunes et les dispositifs de soutien annoncés par les pouvoirs publics, les candidatures indépendantes portées par cette catégorie restent très marginales à l’approche des élections législatives du 23 septembre.
Selon les données communiquées par le ministère de l’Intérieur à l’issue du dépôt des candidatures, seules deux listes indépendantes ont été enregistrées au niveau national dans les circonscriptions locales. Elles regroupent cinq candidats et candidates, répartis sur deux circonscriptions parmi les 92 que compte le pays. Les douze circonscriptions régionales, elles, n’ont enregistré aucune candidature indépendante.
Le ministère n’a toutefois pas précisé si ces deux listes répondaient au critère de « listes indépendantes de jeunes ». Ce faible niveau de participation contraste avec les orientations visant à ouvrir davantage le champ politique aux moins de 35 ans, y compris hors des structures partisanes.
Plusieurs contraintes administratives peuvent expliquer cette situation. L’article 23 de la loi organique relative à la Chambre des représentants impose notamment aux mandataires des listes indépendantes de recueillir au moins 200 signatures d’électeurs de la circonscription concernée.
Dans les circonscriptions locales, au moins 30 % des signataires doivent être des femmes. Ce seuil atteint 50 % dans les circonscriptions régionales, où les signatures doivent en outre provenir de l’ensemble des préfectures et provinces de la région, à hauteur d’au moins 7 % pour chacune d’elles.
Les candidats indépendants doivent également fournir une version imprimée de leur programme électoral, une déclaration sur les sources de financement de la campagne ainsi qu’un document bancaire attestant des moyens financiers mobilisés.
Les mesures annoncées prévoient pourtant une simplification des conditions de candidature pour les jeunes de moins de 35 ans, qu’ils se présentent sous l’étiquette d’un parti ou à titre indépendant. Elles incluent aussi un soutien financier susceptible de couvrir jusqu’à 75 % des dépenses de campagne.
L’écart entre ces incitations et la réalité des candidatures pose donc une question de fond : les dispositifs financiers suffisent-ils à lever les obstacles politiques, organisationnels et administratifs qui freinent encore l’entrée des jeunes indépendants dans la compétition électorale ?