Le marché monétaire marocain conserve son équilibre, tandis que le taux interbancaire reste aligné sur le taux directeur. Le MONIA recule légèrement à 2,20 %, dans un environnement marqué par une inflation négative et un niveau élevé des réserves de change.
Le marché monétaire marocain est resté globalement stable durant la semaine du 4 au 10 septembre 2026, à quelques jours d’une décision très attendue de Bank Al-Maghrib sur sa politique monétaire. Selon le dernier Weekly Hebdo Taux – Fixed Income d’Attijari Global Research (AGR), l’équilibre du compartiment interbancaire se maintient, sans tensions particulières sur les taux.
Le MONIA (Moroccan Overnight Index Average), taux de référence des opérations au jour le jour sur le marché monétaire marocain, s’est légèrement détendu de 2 points de base, passant de 2,22 % à 2,20 %. Une évolution limitée qui traduit davantage une détente marginale qu’un véritable changement de tendance.
Dans le même temps, Bank Al-Maghrib continue de répondre à l’intégralité des besoins exprimés par les banques. Les avances à sept jours, principal instrument utilisé par la banque centrale pour fournir des liquidités au système bancaire, sont revenues à 54,6 milliards de dirhams, contre 55,7 milliards une semaine auparavant. Les interventions à plus long terme sont, elles, restées inchangées à 95,4 milliards de dirhams, selon AGR.
Cette stabilité intervient dans un environnement inhabituel sur le front des prix. Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) confirme qu’en juillet 2026, l’indice des prix à la consommation a reculé de 0,6 % sur un an, après une hausse de 0,3 % en juin. Cette évolution s’explique principalement par une diminution de 3,7 % des prix alimentaires, tandis que les produits non alimentaires ont progressé de 1,9 %.
La tendance mensuelle est également orientée à la baisse : l’indice des prix à la consommation a diminué de 1 % entre juin et juillet, sous l’effet notamment du recul des légumes (-7,6 %), des poissons et fruits de mer (-3,9 %), des fruits (-3,7 %) et des carburants (-4,9 %). L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits à prix volatils et ceux soumis à des tarifs publics, s’est contractée de 0,1 % sur un mois comme sur un an.
À cette faible pression inflationniste s’ajoute, selon les données citées par AGR, le franchissement par les avoirs officiels de réserve du seuil des 500 milliards de dirhams à fin août. Ce niveau contribue à renforcer les marges de sécurité financière du Royaume, même si les réserves de change et la liquidité bancaire répondent à des mécanismes différents et ne doivent pas être confondues.
L’attention se tourne désormais vers Bank Al-Maghrib. La combinaison d’une inflation devenue négative en glissement annuel, d’un marché monétaire sans tensions et d’une liquidité bancaire pleinement couverte nourrit naturellement les anticipations avant la prochaine décision de politique monétaire. Ces indicateurs ne suffisent cependant pas, à eux seuls, à préjuger de la décision de la banque centrale, qui prend également en compte les perspectives de croissance, l’inflation future et l’environnement économique international.