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Rachida Dati et Carlos Ghosn jugés à Paris dans l’affaire Renault-Nissan

17 septembre 2026 - 08:57

Le procès de Rachida Dati et de Carlos Ghosn s’est ouvert mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris. L’ancienne ministre française et l’ex-dirigeant de l’alliance Renault-Nissan sont poursuivis dans une affaire de soupçons de corruption et de trafic d’influence liés à 900 000 euros versés à l’élue lorsqu’elle siégeait au Parlement européen.

Les audiences, prévues jusqu’au 28 septembre, doivent éclaircir la nature des rémunérations versées entre 2009 et 2013 par RNBV, une société néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan. Rachida Dati affirme qu’il s’agissait d’honoraires correspondant à un travail d’avocate effectué pour le groupe, notamment sur des dossiers liés au Maroc, à l’Algérie, à la Turquie et à l’Iran.

L’accusation soutient une lecture différente. Elle soupçonne que le contrat conclu le 28 octobre 2009 ait servi à masquer des activités de lobbying au Parlement européen, incompatibles avec le mandat d’eurodéputée de Rachida Dati. Les magistrats relèvent notamment le faible nombre de documents retrouvés pour attester de prestations juridiques à la hauteur des sommes versées.

Le dossier porte aussi sur plusieurs interventions parlementaires de Rachida Dati, en 2012 et 2013, concernant le secteur automobile. Pour les enquêteurs, ces prises de position pourraient avoir coïncidé avec les intérêts de Renault-Nissan. La défense rejette cette analyse et dénonce une construction de l’accusation, assurant que sa cliente a exercé exclusivement comme avocate.

Carlos Ghosn, lui aussi poursuivi pour corruption, trafic d’influence, abus de pouvoir et abus de confiance, est absent du tribunal. Installé au Liban depuis sa fuite du Japon en 2019, l’ancien patron de Renault-Nissan est jugé par défaut. Il avait demandé le renvoi du procès, estimant ne pas avoir été régulièrement convoqué et disant vouloir participer par visioconférence depuis Beyrouth. Le tribunal a rejeté cette demande.

La procédure ne vaut pas condamnation. Rachida Dati et Carlos Ghosn contestent les faits qui leur sont reprochés. Le tribunal devra déterminer si les 900 000 euros correspondaient bien à des prestations légales ou s’ils dissimulaient une activité d’influence au bénéfice de l’alliance automobile.

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