Selon une analyse de Transparency Maroc rapportée par Alyaoum24, le RNI se distingue des autres partis étudiés par l’absence de mesures explicitement consacrées à la lutte contre la corruption. L’association relève également des différences dans la place accordée à ce dossier au sein des programmes électoraux.
La lutte contre la corruption occupe une place dans les engagements électoraux des formations politiques marocaines, mais son traitement varie sensiblement d’un programme à l’autre. Selon les conclusions de Transparency Maroc relayées par Alyaoum24, le Rassemblement national des indépendants (RNI) fait exception : l’association n’a relevé, dans son programme, aucune mesure directement consacrée à ce sujet.
Présentée lors d’une rencontre consacrée aux programmes électoraux, cette analyse examine la manière dont les partis abordent la corruption, l’économie de rente et la moralisation de la vie publique. La plupart des textes étudiés en reconnaissent les conséquences économiques, sociales et éthiques. Les réponses proposées prennent toutefois des formes différentes, entre chapitres spécifiques et engagements intégrés à des rubriques plus générales.
L’Istiqlal consacre ainsi un axe à la lutte contre la corruption, la rente et les conflits d’intérêts. La Fédération de la gauche démocratique inscrit cette priorité dans un volet consacré à l’assainissement de l’État et de la société, tandis que le Parti du progrès et du socialisme l’intègre à son volet démocratique.
L’Union socialiste des forces populaires en fait un engagement distinct, présenté sous la formule « La corruption est une ligne rouge ». Le Parti de la justice et du développement lui réserve, pour sa part, une section associant gouvernance et lutte contre la corruption.
D’autres formations, dont l’Union constitutionnelle, le Front des forces démocratiques et le Parti authenticité et modernité, abordent ces enjeux à travers leurs propositions sur la gouvernance, le développement économique ou la modernisation de l’administration.
Le constat concernant le RNI porte sur le contenu du programme examiné. Il ne constitue pas, à lui seul, une évaluation de l’ensemble de ses pratiques ou de son bilan. De même, la présence d’engagements dans les programmes des autres partis ne préjuge pas de leur mise en œuvre.
Cette lecture des textes électoraux s’accompagne d’une autre démarche de Transparency Maroc : une interpellation directe des partis sur la protection des biens publics, l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts. Dans un communiqué daté du 16 septembre, l’association indique que seuls l’USFP, le PPS, la Fédération de la gauche démocratique et le PSU avaient répondu à sa lettre au 15 septembre. Huit formations, dont le RNI, le PAM, l’Istiqlal et le PJD, n’avaient pas donné suite.
Ces deux démarches éclairent des dimensions distinctes de l’engagement politique : les promesses inscrites dans les programmes et la disposition des partis à préciser leurs positions auprès de la société civile. Pour les électeurs, l’enjeu reste de pouvoir identifier des mesures concrètes, les moyens de les appliquer et les résultats sur lesquels demander des comptes.