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Les États-Unis autorisent la délégation iranienne à se rendre à l’ONU

18 septembre 2026 - 09:03

Washington accordera des visas au président Massoud Pezeshkian, au chef de la diplomatie Abbas Araghchi et à une délégation iranienne réduite pour la semaine de haut niveau à New York. Cette décision contraste avec le nouveau refus opposé au président palestinien Mahmoud Abbas.

Les États-Unis autoriseront les principaux responsables iraniens à participer, la semaine prochaine, à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, malgré le conflit en cours entre Washington et Téhéran et les tensions persistantes au Moyen-Orient.

Le département d’État a confirmé que la délégation centrale iranienne pourra assister à la semaine de haut niveau de l’ONU, conformément aux obligations des États-Unis en tant que pays hôte de l’organisation. Le président Massoud Pezeshkian et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi figurent parmi les responsables concernés.

Cette autorisation ne signifie pas une normalisation. La délégation iranienne sera moins nombreuse que les années précédentes et soumise à des restrictions strictes de déplacement sur le territoire américain. Ses membres ne pourront pas non plus acheter des produits de luxe ni certains biens concernés par les sanctions. Washington maintient ainsi sa pression politique et économique sur Téhéran tout en permettant sa participation à l’enceinte multilatérale.

La décision intervient dans un climat régional particulièrement dégradé. Les affrontements entre les États-Unis et l’Iran, après les frappes américaines et israéliennes de la fin février, ont eu des répercussions bien au-delà des deux pays. Les tensions affectent notamment la sécurité maritime autour du détroit d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, avec des conséquences sur les routes commerciales et les marchés de l’énergie.

L’administration américaine fait valoir que la délivrance des visas découle de ses engagements liés au statut de pays hôte de l’ONU. L’accord qui encadre le siège des Nations unies impose en principe aux États-Unis de permettre l’accès des délégations étrangères accréditées. Il autorise toutefois certaines limitations, notamment au nom de la sécurité.

Le traitement réservé à l’Iran contraste avec celui appliqué aux responsables palestiniens. Pour la deuxième année consécutive, Washington a refusé un visa d’entrée au président Mahmoud Abbas ainsi qu’à d’autres représentants de l’Organisation de libération de la Palestine et de l’Autorité palestinienne.

Le département d’État motive cette décision par ce qu’il présente comme l’absence de réformes et des initiatives qui compromettraient, selon lui, les perspectives de paix, notamment le recours aux juridictions internationales. L’Autorité palestinienne dénonce de son côté une mesure injustifiée, susceptible d’affaiblir les efforts de confiance avec les États-Unis.

Privé de déplacement à New York, Mahmoud Abbas pourra néanmoins s’adresser à l’Assemblée générale par visioconférence. Les États membres ont adopté une résolution en ce sens, comme ils l’avaient déjà fait l’an dernier.

La prochaine semaine diplomatique à l’ONU révélera donc une dissymétrie particulièrement visible : l’Iran pourra défendre directement ses positions à New York, sous de fortes contraintes, tandis que la Palestine devra une nouvelle fois intervenir à distance. Cette différence rappelle que la politique des visas du pays hôte est devenue un enjeu diplomatique à part entière au sein des Nations unies.

L’autorisation accordée à la délégation iranienne et l’intervention à distance de Mahmoud Abbas ont été confirmées mercredi.

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