Les premières projections placent l’extrême droite devant les sociaux-démocrates en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et ramènent la CDU près du seuil des 5 %. À Berlin, la gauche de Die Linke devancerait également les conservateurs. Deux résultats qui fragilisent le chancelier, sans régler la question des futures majorités.
Friedrich Merz subit une nouvelle épreuve électorale. Les premiers résultats projetés des scrutins régionaux de ce dimanche 20 septembre dessinent un double revers pour son parti : une CDU réduite à un peu plus de 5 % en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) arrive en tête, et des conservateurs distancés par Die Linke dans la capitale. Après la poussée de l’extrême droite en Saxe-Anhalt deux semaines auparavant, la pression s’accentue sur le chancelier.
Dans le Land du Nord-Est, les projections des instituts Infratest dimap et Forschungsgruppe Wahlen créditent l’AfD de 37,3 % à 37,9 % des suffrages, contre 35,5 % à 36 % pour le Parti social-démocrate (SPD). La CDU ne recueillerait que 5,2 % à 5,3 %, à proximité immédiate du seuil d’accès au Parlement régional. Son candidat, Daniel Peters, a reconnu la défaite des conservateurs, tandis que Merz a parlé d’un « désastre ».
L’AfD revendique désormais la direction du gouvernement régional. Son candidat, Leif-Erik Holm, affirme que les électeurs veulent un changement et entend inviter tous les partis à discuter. Mais sa première place ne lui assure pas les partenaires nécessaires pour gouverner. Le refus des autres formations de s’allier à l’extrême droite laisse ouverte la possibilité d’une majorité conduite par les sociaux-démocrates, au pouvoir dans ce Land depuis 1998.
La ministre-présidente sortante, Manuela Schwesig, a ainsi reconnu l’avance de l’AfD tout en soulignant que celle-ci n’avait pas obtenu la majorité absolue. Son propre avenir dépendra notamment du résultat de l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), estimé entre 4,8 % et 5 %. Selon les projections disponibles, une exclusion du BSW permettrait au SPD, à Die Linke et aux Verts de réunir une majorité. Son entrée au Parlement pourrait, en revanche, laisser ce trio à un siège de la majorité.
À Berlin, les premiers sondages à la sortie des urnes diffusés par ARD et ZDF placent Die Linke en première position, avec 24,5 % à 26 % des voix, devant la CDU, autour de 20 %. L’AfD progresserait également, avec un résultat compris entre 13,5 % et 16 %. La dynamique berlinoise souligne le poids des préoccupations sociales : selon Forschungsgruppe Wahlen, les loyers et le logement ont dominé le scrutin, un domaine dans lequel Die Linke bénéficie du plus fort crédit auprès des électeurs.
Ces deux élections ont une portée nationale, mais leurs ressorts ne se confondent pas. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l’institut souligne le rôle de la popularité personnelle de Schwesig dans la résistance du SPD. Les difficultés de la CDU tiennent aussi à son implantation et à son image locales, au-delà de l’impopularité de Merz. Réduire les résultats à un simple référendum sur le chancelier laisserait donc de côté une partie des motivations électorales.
Merz a néanmoins réaffirmé sa volonté de poursuivre ses réformes. Pour son parti, l’enjeu est désormais de contenir les conséquences politiques de ces revers. Dans les deux Länder, le dépouillement puis les négociations de coalition décideront de la suite : l’avancée d’une formation dans les urnes ne préjuge pas, à elle seule, de sa capacité à exercer le pouvoir.