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ITALIE : Meloni veut interdire le voile intégral à l’école et plafonner les élèves étrangers par classe

20 septembre 2026 - 19:29

La dirigeante annonce un texte associant interdiction de la burqa et du niqab, quotas scolaires et apprentissage de l’italien par certains parents. Les modalités restent à préciser, alors qu’un plafond de 30 %, assorti de dérogations, existe depuis 2010.

Giorgia Meloni entend durcir les règles d’intégration scolaire en Italie. La présidente du Conseil a annoncé, dimanche 20 septembre, la prochaine présentation d’une mesure visant à interdire la burqa et le niqab dans les écoles et à inscrire dans la loi un nombre maximal d’élèves étrangers par classe. L’annonce intervient à l’approche des élections législatives prévues en 2027, dans un débat politique où l’immigration occupe une place centrale.

S’exprimant devant les jeunes de son parti, Fratelli d’Italia, la cheffe du gouvernement a également évoqué l’obligation, pour les parents d’élèves étrangers rencontrant des difficultés d’intégration scolaire, d’apprendre l’italien. Elle n’a précisé ni le plafond envisagé ni les modalités d’application de cette exigence linguistique.

L’interdiction annoncée concerne les vêtements dissimulant le visage, à savoir la burqa et le niqab. Le hijab, qui laisse le visage découvert, n’est pas visé dans les annonces présentées. À ce stade, il s’agit d’une initiative à soumettre au Conseil des ministres, et non d’une interdiction déjà applicable dans les établissements.

La question du quota appelle également une distinction. Depuis 2010, une circulaire ministérielle prévoit déjà, en règle générale, un maximum de 30 % d’élèves de nationalité étrangère par classe. Des dérogations sont possibles, notamment lorsque les élèves maîtrisent suffisamment l’italien. Nationalité et compétences linguistiques ne se confondent donc pas : un enfant sans nationalité italienne peut être né dans le pays et en parler couramment la langue.

Les élèves étrangers représentent près de 12 % des effectifs scolaires, selon les données citées de l’Institut national de statistique italien. Faute de précisions sur le nouveau dispositif, plusieurs questions restent ouvertes : le pourcentage retenu, le maintien des dérogations et l’organisation des inscriptions dans les établissements concernés.

Concernant le voile intégral, l’Italie ne dispose pas d’une interdiction nationale visant expressément la burqa. Une loi de 1975 sanctionne toutefois la dissimulation du visage sans motif justifié lorsqu’elle entrave l’identification. En 2008, le Conseil d’État avait admis que des raisons religieuses ou culturelles puissent justifier le port du voile intégral, à condition de découvrir le visage lors d’un contrôle d’identité nécessaire.

L’annonce s’inscrit aussi dans une concurrence politique à droite. Futuro Nazionale, parti d’extrême droite extérieur à la coalition gouvernementale, avait réclamé dès juillet des mesures plus fermes contre la burqa à l’école. Le texte annoncé devra désormais préciser comment le gouvernement entend traduire ces orientations en règles applicables aux élèves, aux familles et aux établissements.

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