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Ukraine : Trump appelle à remplacer Zelensky sur fond de tensions autour du diesel russe

11 octobre 2026 - 10:20

Donald Trump estime que l’Ukraine devrait se doter d’un nouveau président pour parvenir à un accord avec Moscou. Ses déclarations interviennent après l’assouplissement des sanctions américaines sur le diesel russe, vivement dénoncé par Kiev et plusieurs partenaires européens. Une nouvelle fracture diplomatique apparaît alors que les bombardements russes se poursuivent.

Donald Trump a franchi un nouveau seuil dans ses critiques à l’égard de Volodymyr Zelensky en affirmant samedi qu’il était temps pour l’Ukraine de changer de président. Cette déclaration intervient au lendemain d’un accord conclu avec Vladimir Poutine pour faciliter le retour d’importantes quantités de diesel russe sur les marchés internationaux.

Le président américain a accusé son homologue ukrainien de faire obstacle à une solution négociée, affirmant que Moscou souhaitait parvenir à un accord tandis que Kiev refuserait, selon lui, de saisir les occasions de mettre fin au conflit.

« Je leur suggère de choisir un nouveau dirigeant capable de conclure un accord », a déclaré Trump devant les journalistes, reprochant également à Zelensky de poursuivre les frappes contre les installations pétrolières russes.

Le diesel au cœur du désaccord

L’administration américaine a décidé d’assouplir temporairement les restrictions visant les exportations de diesel russe afin d’accroître l’offre mondiale et de contenir la hausse des prix des carburants.

Cette augmentation des coûts, accentuée par la guerre au Moyen-Orient, constitue un enjeu politique important pour les républicains à l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre.

Trump accuse les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes de perturber les approvisionnements internationaux et d’aggraver les difficultés des consommateurs américains, notamment dans les secteurs agricole et des transports.

Kiev défend au contraire ces opérations comme un moyen de réduire les revenus permettant à Moscou de poursuivre la guerre. Les autorités ukrainiennes réclament qu’un éventuel cessez-le-feu énergétique soit réciproque et couvre également les attaques russes contre leurs infrastructures.

Les Européens maintiennent leur soutien à Kiev

La haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a averti que la levée des sanctions sur le diesel russe risquait d’alimenter financièrement l’effort de guerre du Kremlin. Elle a réaffirmé que l’Europe ne réduirait pas sa pression sur Moscou.

L’Allemagne a également confirmé le maintien de ses sanctions, tandis que le Premier ministre britannique Andy Burnham a assuré Zelensky de sa solidarité.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiga, a défendu le chef de l’État en rappelant que le choix du président appartenait au peuple ukrainien. La tenue d’élections reste toutefois entravée par la loi martiale instaurée après l’invasion russe de février 2022.

Les bombardements se poursuivent

Cette crise diplomatique intervient dans un contexte de recrudescence des attaques russes. Samedi, des bombardements visant des immeubles résidentiels à Zaporijjia ont fait au moins 20 morts, dont trois enfants, selon les services de secours ukrainiens.

Zelensky a dénoncé l’assouplissement des sanctions américaines, estimant qu’il encourageait Moscou à poursuivre ses opérations militaires. Il s’agit d’une appréciation politique de Kiev, et non d’un lien de causalité établi entre la décision américaine et les bombardements.

Dans le même temps, des représentants américains, ukrainiens et européens se sont réunis à Miami pour rechercher de nouvelles voies diplomatiques. L’émissaire américain Steve Witkoff a évoqué des discussions constructives, sans annoncer de percée majeure.

Au-delà de la polémique personnelle entre Trump et Zelensky, cette séquence révèle des divergences sur les moyens de parvenir à la paix : Washington privilégie désormais une réponse immédiate aux tensions énergétiques, tandis que Kiev et ses partenaires européens redoutent qu’un allègement de la pression économique sur la Russie n’affaiblisse leur position dans les négociations.

Reste une question essentielle : un accord peut-il être durable s’il ne s’accompagne pas de garanties de sécurité acceptables pour l’Ukraine ?

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