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États-Unis : la justice suspend l’interdiction d’accès à la Maison-Blanche visant CNN, MS Now et Politico

14 octobre 2026 - 11:40

Un juge fédéral maintient les accréditations des journalistes des trois médias malgré leur exclusion décidée par Donald Trump. L’affaire relance le débat sur la liberté de la presse et les limites du pouvoir présidentiel.

La justice américaine a ordonné à l’administration de Donald Trump de maintenir l’accès à la Maison-Blanche des journalistes de CNN, MS Now et Politico, visés depuis septembre par une interdiction présidentielle. Le juge fédéral Timothy Kelly a estimé mardi que les trois organisations disposaient d’arguments constitutionnels suffisamment solides pour justifier leur maintien sur place pendant l’examen de leur recours.

La décision prend la forme d’une injonction préliminaire prolongeant les effets d’une première mesure d’urgence adoptée le 24 septembre. Elle empêche l’administration de rétablir l’interdiction tant que la procédure judiciaire se poursuit, sauf décision contraire d’une juridiction supérieure.

Dans son ordonnance, le magistrat considère que les plaignants ont de sérieuses chances d’obtenir gain de cause sur le fondement du droit à une procédure régulière, garanti par le cinquième amendement, ainsi que sur leurs arguments relatifs au premier amendement, qui protège notamment la liberté d’expression et de la presse.

Une sanction liée à la couverture médiatique de Trump

Le différend remonte au 18 septembre, lorsque Donald Trump a annoncé le retrait des accréditations des journalistes des trois médias. Le président américain leur reprochait de diffuser de fausses informations et de présenter une couverture qu’il jugeait mensongère et hostile à son administration.

CNN, MS Now et Politico ont alors engagé une action judiciaire commune, estimant que cette exclusion constituait une sanction fondée sur leurs choix éditoriaux. Une première ordonnance avait permis le rétablissement provisoire des accréditations, mais la question de leur maintien pendant toute la durée du procès restait à trancher.

Le juge Kelly a relevé que les déclarations présidentielles pouvaient laisser penser que les médias avaient été sanctionnés en raison de leur couverture critique. Cette appréciation occupe une place centrale dans l’examen d’une éventuelle discrimination fondée sur les opinions exprimées.

La liberté de la presse à l’épreuve du pouvoir exécutif

L’affaire pose une question qui dépasse le seul accès de trois rédactions aux locaux présidentiels : l’exécutif peut-il retirer des accréditations à des journalistes parce qu’il désapprouve leurs reportages ?

Les autorités américaines disposent de prérogatives pour organiser l’accès à la Maison-Blanche et assurer la sécurité des installations. Toutefois, ces pouvoirs doivent s’exercer dans le respect des garanties constitutionnelles, notamment lorsqu’une décision risque de pénaliser un média en raison de sa ligne éditoriale.

Les avocats de l’administration ont défendu le droit du président à réglementer les accréditations, invoquant notamment des considérations de sécurité nationale et la nécessité de lutter contre les informations jugées trompeuses. Le juge a toutefois considéré que les justifications avancées ne suffisaient pas, à ce stade, à écarter les arguments des plaignants.

Une décision provisoire aux conséquences importantes

L’ordonnance concerne les accréditations permanentes de 78 journalistes des trois organisations. Elle ne leur garantit cependant pas automatiquement une place dans tous les déplacements présidentiels ou événements à accès limité, notamment à bord d’Air Force One.

Cette distinction souligne que le contentieux judiciaire pourrait encore évoluer sur la portée exacte du droit d’accès des médias aux activités présidentielles.

Nommé à la magistrature fédérale par Donald Trump lui-même en 2017, Timothy Kelly n’a pas encore rendu de jugement définitif sur le fond du dossier. Sa décision constitue néanmoins un revers judiciaire pour l’administration et maintient la protection des journalistes concernés.

Au-delà de ce litige, l’affaire illustre les tensions persistantes entre la présidence américaine et les médias qui exercent un regard critique sur son action, dans un pays où la liberté de la presse demeure une garantie fondamentale du système constitutionnel.

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