La controverse autour d’un album jeunesse présentant différentes configurations familiales dans un établissement relevant de l’enseignement français à Rabat prend une nouvelle dimension. Des parents d’élèves envisagent désormais de saisir la justice et interpellent le ministère marocain de l’Éducation nationale sur sa responsabilité dans le suivi des contenus pédagogiques utilisés par les établissements étrangers.
Rabat, le 14 octobre 2026. La polémique provoquée par la présence de l’album Le Jeu de cette famille dans une école relevant de l’enseignement français à Rabat pourrait connaître un prolongement judiciaire. Selon les informations rapportées par Alyaoum24, des parents d’élèves envisagent d’engager une procédure en justice, estimant que certaines représentations familiales figurant dans cet ouvrage soulèvent des interrogations sur les contenus proposés aux jeunes enfants.
Cette évolution intervient après les premières réactions suscitées par le livre, dont alyaoum24 avait précédemment rendu compte. La controverse ne porte désormais plus seulement sur le contenu de l’ouvrage, mais également sur les mécanismes de contrôle pédagogique et les responsabilités des autorités éducatives marocaines.
Le ministère de l’Éducation nationale interpellé
Les parents concernés mettent en cause la responsabilité du ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports dans le suivi des ressources pédagogiques utilisées au sein des établissements scolaires, y compris ceux relevant de missions éducatives étrangères.
Ils estiment que les familles doivent pouvoir connaître la nature des contenus proposés à leurs enfants et s’assurer de leur conformité avec les dispositions encadrant l’enseignement au Maroc.
Leur démarche soulève ainsi la question de l’étendue des prérogatives de contrôle et d’inspection exercées sur les établissements étrangers, ainsi que celle des procédures permettant d’examiner les livres et supports utilisés en classe.
À ce stade, aucune information ne permet toutefois de confirmer qu’une plainte a effectivement été déposée. Il s’agit d’une intention de recours judiciaire rapportée par la presse, dont les modalités et les fondements juridiques précis restent à établir.
Un album consacré à la diversité des situations familiales
À l’origine de la controverse figure Le Jeu de cette famille, un album jeunesse de l’auteure française Annie Agopian, illustré par Claire Franek et publié aux éditions du Rouergue.
Destiné à un jeune public, l’ouvrage présente différentes situations familiales, parmi lesquelles figurent des enfants adoptés, orphelins ou nés grâce à une assistance médicale à la procréation. Certaines illustrations évoquent également le cas d’un enfant ayant deux pères.
C’est notamment cette dernière représentation qui a suscité les réserves de certains parents, dans un contexte marocain où les références familiales, culturelles et juridiques diffèrent de celles qui prévalent en France.
Il convient néanmoins de distinguer la présentation de réalités familiales diverses d’une éventuelle démarche de promotion d’un modèle particulier. Les éléments rendus publics ne permettent pas d’établir les objectifs pédagogiques précis poursuivis par l’établissement ni les conditions dans lesquelles l’ouvrage a été présenté aux élèves.
Une question de transparence et de dialogue
Au-delà du désaccord sur le contenu du livre, l’affaire met en évidence les difficultés susceptibles d’apparaître lorsque des établissements dispensant un enseignement étranger utilisent des ressources pédagogiques élaborées dans un autre environnement culturel.
La question centrale concerne désormais les modalités d’information des familles, la liberté pédagogique des enseignants et les obligations de contrôle applicables aux établissements concernés.
Une clarification des responsabilités respectives de l’administration marocaine et des instances chargées de l’enseignement français permettrait de mieux comprendre le cadre dans lequel ces supports sont sélectionnés et utilisés.
Pour l’heure, aucune réaction officielle du ministère de l’Éducation nationale ou de la direction de l’établissement concerné n’est mentionnée dans les informations disponibles.
L’éventuelle saisine de la justice pourrait donner une nouvelle portée à cette controverse. En attendant, celle-ci pose une question qui dépasse le cas d’un ouvrage particulier : comment concilier les exigences pédagogiques d’un enseignement international, le droit des parents à l’information et le respect du cadre éducatif du pays d’accueil ?