Dans une région où la cueillette des olives se déroule sous la menace des violences et des restrictions d’accès aux terres, l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif poursuit son soutien aux agriculteurs palestiniens. L’opération « Aouna 2026 », engagée au début du mois d’octobre, bénéficie à quelque 2.250 exploitants dans vingt localités du gouvernorat d’Al-Qods.
Pour les agriculteurs palestiniens, la récolte des olives dépasse largement le cadre d’une activité agricole saisonnière. Elle représente à la fois une source de revenus, un héritage familial et un lien quotidien avec la terre. Cette année encore, la campagne se déroule dans un contexte difficile, marqué par des restrictions d’accès aux exploitations et des agressions attribuées aux colons israéliens.
C’est dans ces circonstances que l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, relevant du Comité Al-Qods présidé par le roi Mohammed VI, poursuit son programme d’accompagnement des oléiculteurs palestiniens. Lancée le 6 octobre, la campagne « Aouna 2026 » couvre vingt localités du gouvernorat d’Al-Qods et concerne environ 2.250 agriculteurs, répartis notamment autour de seize accès agricoles.
Jeudi 15 octobre, les équipes de l’Agence ont participé aux opérations de cueillette à Beit Anan, au nord-ouest d’Al-Qods, aux côtés des autorités du gouvernorat et de plusieurs institutions palestiniennes.
Une aide concrète pour sauver les récoltes
L’intervention marocaine repose sur une assistance matérielle directement adaptée aux besoins des exploitants. Les bénéficiaires reçoivent notamment des équipements de cueillette, des peignes de récolte et des échelles destinés à faciliter le travail dans les oliveraies.
L’objectif est de permettre aux agriculteurs de récolter plus rapidement leurs olives, tout en limitant les pertes dans des secteurs où l’accès aux parcelles peut devenir difficile ou dangereux.
Cette dimension pratique constitue l’un des principaux atouts de l’opération. Pour de nombreux petits exploitants, la durée de la récolte représente un enjeu économique essentiel : toute interruption prolongée peut compromettre une partie de la production et, par conséquent, les revenus des familles.
L’Agence intervient ainsi pour la septième année consécutive, conformément aux orientations royales privilégiant les projets dont les effets se font directement sentir sur les conditions de vie des habitants palestiniens.
Beit Anan, symbole des difficultés rencontrées par les agriculteurs
Le choix de Beit Anan pour accueillir l’activité centrale de la campagne ne relève pas du hasard. Selon Tahani Al-Louzi, coordinatrice de l’opération auprès du gouvernorat d’Al-Qods, cette localité figure parmi les secteurs régulièrement confrontés aux agressions de colons, en raison notamment de la présence d’un avant-poste de colonisation à proximité.
La responsable palestinienne cite également Mikhmas, Beit Iksa, Nabi Samouil et Jaba parmi les localités les plus exposées à ces violences. Elle insiste sur la nécessité de mobiliser les institutions et les partenaires pour protéger les récoltes, qui constituent souvent une ressource essentielle pour les familles concernées.
L’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif rapporte par ailleurs que des forces israéliennes sont intervenues sur le lieu de rassemblement des participants à Beit Anan, afin de les dissuader de s’approcher d’un avant-poste de colonisation installé sur les terres de la localité.
L’olivier, un trait d’union entre le Maroc et la Palestine
Au-delà de l’assistance agricole, cette initiative possède une dimension symbolique particulière. Présent dans les paysages et les traditions des deux pays, l’olivier incarne à la fois l’enracinement, la transmission et la continuité.
Tahani Al-Louzi a souligné à cet égard la proximité de cette symbolique dans les cultures marocaine et palestinienne, y voyant une illustration de la profondeur des relations entre le Maroc et Al-Qods.
À Beit Anan, l’agriculteur Fayez Hammad Abou Al-Tin a salué l’accompagnement apporté aux cultivateurs durant cette période sensible, tout en réaffirmant leur attachement à leurs terres malgré les difficultés rencontrées.
Le président de la municipalité, Mohammed Rabie, a également mis en avant la portée de cette mobilisation collective, considérant que la protection des oliveraies participe à la préservation des moyens de subsistance et de l’ancrage des habitants dans leur territoire.
Le père Abdallah Youlio a, de son côté, exprimé sa reconnaissance envers l’Agence pour son engagement en faveur d’Al-Qods et de sa population.
À travers « Aouna 2026 », l’action marocaine à Al-Qods prend ainsi une forme concrète, au plus près des préoccupations quotidiennes des agriculteurs. Dans des territoires où la récolte peut devenir une épreuve, apporter des moyens pour cueillir et préserver les olives revient aussi à soutenir la continuité d’une activité économique profondément liée à la vie des communautés palestiniennes.