La campagne agricole 2026 du cannabis destiné aux usages légaux progresse dans les provinces d’Al Hoceïma, de Chefchaouen et de Taounate. Quelque 1.800 agriculteurs, regroupés au sein de 154 coopératives, sont concernés par la récolte de la variété locale « Beldia », dont 60 % des superficies cultivées ont déjà été moissonnées.
La filière marocaine du cannabis légal franchit une nouvelle étape dans son calendrier agricole. Au titre de la campagne 2026, près de 1.100 hectares de la variété traditionnelle « Beldia » ont été récoltés dans les trois provinces autorisées à pratiquer cette culture à des fins licites : Al Hoceïma, Chefchaouen et Taounate.
Selon les données rapportées par le quotidien Al Yaoum24, cette superficie représente 60 % des terres consacrées à la variété locale au cours de la saison actuelle. La récolte concerne environ 1.800 cultivateurs organisés en 154 coopératives agricoles, dans le cadre du dispositif national de réglementation du cannabis destiné aux usages médicaux, pharmaceutiques et industriels.
Ces chiffres témoignent de l’avancement de la campagne, même si les opérations de récolte progressent à des rythmes différents selon les territoires.
Taounate en tête, Al Hoceïma et Chefchaouen poursuivent la récolte
La province de Taounate affiche le taux d’avancement le plus élevé, avec 92 % des superficies concernées déjà récoltées. Les opérations y approchent ainsi de leur terme, tandis que les travaux se poursuivent dans les autres zones de production autorisées.
La récolte de la « Beldia » revêt une importance particulière dans cette nouvelle organisation agricole. Variété traditionnellement cultivée dans les régions du Nord, elle occupe une place spécifique dans la transition vers une production encadrée par la législation marocaine.
Parallèlement, les producteurs ont commencé, au cours du mois d’octobre, la récolte des variétés importées. Selon les prévisions communiquées, cette seconde phase devrait s’achever en décembre 2026.
Le calendrier agricole distingue donc deux catégories de cultures : la variété locale, dont la récolte est déjà bien avancée, et les variétés importées, dont la collecte se poursuivra durant les prochaines semaines.
Les coopératives au centre de la nouvelle filière
Au-delà des superficies récoltées, l’organisation des producteurs constitue l’un des éléments structurants du dispositif de légalisation. Les 154 coopératives concernées permettent aux cultivateurs de s’inscrire dans une activité réglementée, soumise à des conditions d’autorisation et de suivi.
Cette structuration vise à accompagner la transformation d’une culture historiquement associée à l’économie informelle en une activité agricole intégrée à des circuits légaux de production et de commercialisation.
Pour les territoires concernés, notamment les zones rurales d’Al Hoceïma, de Chefchaouen et de Taounate, l’enjeu dépasse la seule réussite de la campagne agricole. Il concerne également la capacité de la filière à offrir aux agriculteurs des débouchés économiques durables et à améliorer la valorisation de leur production.
La récolte constitue toutefois une première étape. Les perspectives de revenus des exploitants dépendront aussi des volumes effectivement commercialisés, des prix obtenus et du fonctionnement des circuits de transformation autorisés.
Une campagne qui s’inscrit dans la réforme du secteur
Le Maroc a engagé l’encadrement légal du cannabis à travers la loi 13-21, qui réglemente les activités liées à cette plante pour des usages déterminés, tout en maintenant l’interdiction des utilisations non autorisées.
La campagne 2026 s’inscrit dans cette évolution, qui cherche à concilier contrôle réglementaire, développement économique local et intégration progressive des agriculteurs dans une filière formelle.
Avec 1.100 hectares de « Beldia » déjà récoltés et la poursuite de la collecte des variétés importées jusqu’à la fin de l’année, les prochaines semaines permettront de dresser un bilan agricole plus complet de la saison.
L’enjeu sera alors de mesurer non seulement les superficies exploitées, mais aussi les retombées concrètes de cette filière sur les revenus des cultivateurs et l’économie des trois provinces concernées.