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Indonésie : les concerts d’Andrea Bocelli menacés d’annulation sur fond de controverse liée à Israël

16 octobre 2026 - 08:57

Le Conseil des oulémas indonésiens réclame l’annulation de deux concerts du célèbre ténor italien Andrea Bocelli, programmés les 31 octobre et 3 novembre. En cause, sa participation passée à des événements organisés en Israël ou au bénéfice de l’armée israélienne. La polémique prend une tournure administrative après le retrait d’une recommandation policière nécessaire à l’organisation du spectacle prévu au temple de Borobudur.

La tournée internationale du ténor italien Andrea Bocelli se heurte à une vive contestation en Indonésie, où plusieurs organisations religieuses dénoncent ses liens artistiques passés avec Israël. À deux semaines de son premier concert annoncé dans le pays, le Conseil des oulémas indonésiens (MUI) demande l’annulation des deux représentations, estimant que leur maintien serait incompatible avec le soutien traditionnellement affiché par la société indonésienne à la cause palestinienne.

Les spectacles sont programmés le 31 octobre au complexe du temple de Borobudur, près de Magelang, dans le centre de Java, puis le 3 novembre à Jakarta. Ils s’inscrivent dans la tournée « Romanza », organisée pour célébrer le trentième anniversaire de l’album qui a largement contribué à la renommée internationale du chanteur.

Deux prestations anciennes au cœur de la polémique

Les critiques adressées à Andrea Bocelli portent principalement sur deux événements. Le premier remonte à 2010, lorsque l’artiste aurait participé à Los Angeles à une soirée de collecte de fonds au profit de l’armée israélienne. Le second concerne un concert donné à Tel-Aviv en 2022.

Pour le Conseil des oulémas indonésiens, ces précédents justifient une remise en question de la présence du ténor sur les scènes du pays. L’organisation considère qu’offrir une tribune artistique à une personnalité associée à de tels événements entre en contradiction avec les positions de solidarité envers les Palestiniens.

La controverse illustre la place qu’occupe la question palestinienne dans le débat public indonésien, où les prises de position politiques peuvent également peser sur la programmation culturelle internationale.

Il convient toutefois de distinguer les participations artistiques passées de Bocelli des positions politiques qu’on pourrait lui attribuer aujourd’hui. Les éléments avancés par les opposants aux concerts ne constituent pas, à eux seuls, une déclaration récente du chanteur en faveur de la politique israélienne.

Le gouvernement cherche une issue

Face à la mobilisation, des représentants du Conseil des oulémas ont rencontré des responsables gouvernementaux afin d’examiner la situation et les possibilités de parvenir à une position commune.

Selon Bayu Aji, secrétaire au ministère indonésien du Tourisme, les échanges visent à rechercher un consensus autour des deux représentations. Le responsable a rappelé le soutien du gouvernement à la cause palestinienne et indiqué que les recommandations du Conseil seraient transmises aux autorités compétentes, dans le respect des décisions officielles.

Cette démarche témoigne de la sensibilité du dossier, à la croisée des enjeux culturels, religieux et diplomatiques. Les autorités doivent désormais composer avec les engagements pris pour l’organisation des spectacles et les objections formulées par une partie de la société civile.

Un premier obstacle administratif à Borobudur

La contestation a déjà produit une conséquence concrète. La police de Magelang a retiré sa recommandation favorable à la délivrance d’une autorisation pour le concert prévu au complexe de Borobudur, l’un des sites historiques les plus emblématiques d’Indonésie.

Cette décision fragilise la tenue de la représentation du 31 octobre, sans signifier nécessairement qu’une annulation définitive des deux concerts ait été prononcée.

Le sort de la soirée prévue à Jakarta le 3 novembre reste également suspendu aux décisions des autorités et des organisateurs.

Au-delà du cas Bocelli, cette polémique montre comment le conflit israélo-palestinien continue d’avoir des répercussions sur les échanges culturels internationaux. En Indonésie, la programmation d’un artiste de renommée mondiale se retrouve ainsi au centre d’un débat plus large sur la solidarité politique, la responsabilité des personnalités publiques et les limites du boycott culturel.

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