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« Ils n’ont même pas de vraies toilettes en Chine » : la sortie remarquée de l’éphémère porte-parole de Trump

17 octobre 2026 - 10:02

À peine nommée à la Maison-Blanche, Katie Zacharia a provoqué une controverse en affirmant que la Chine ne disposait pas de « vraies toilettes ». Pékin lui a répondu avec une ironie diplomatique soigneusement dosée, en l’invitant à revenir visiter le pays. Quelques heures plus tard, son départ était confirmé, mettant fin à un mandat de cinq jours marqué par plusieurs polémiques.

Il aura suffi de quelques mots pour transformer une interview politique en incident diplomatique inattendu. Katie Zacharia, récemment nommée porte-parole de Donald Trump, a affirmé jeudi 15 octobre que la Chine ne possédait même pas de « vraies toilettes », une remarque destinée à illustrer son scepticisme face à l’ascension économique et géopolitique du pays asiatique. Prononcée au cours d’un entretien avec le commentateur conservateur Jack Posobiec, cette déclaration a rapidement circulé dans les médias internationaux, avant de susciter une réaction officielle de Pékin. Le lendemain, la Maison-Blanche confirmait le départ de Zacharia, cinq jours seulement après son arrivée.

L’ancienne porte-parole, âgée de 41 ans, revenait sur le climat politique américain de 2016, lorsque la victoire d’Hillary Clinton à l’élection présidentielle semblait probable et que de nombreux observateurs annonçaient un recul de la puissance américaine face à la Chine. Ayant elle-même vécu dans ce pays au début des années 2010, Zacharia a expliqué qu’elle avait alors du mal à comprendre comment Pékin pouvait être présenté comme le futur centre de gravité mondial. « Comment la Chine pourrait-elle devenir la prochaine grande puissance ? Ils n’ont même pas de vraies toilettes », a-t-elle lancé, mêlant souvenir personnel et appréciation générale sur un pays de plus de 1,4 milliard d’habitants.

Pékin préfère l’ironie à l’indignation

La réaction chinoise est intervenue vendredi, lors du point de presse habituel du ministère des Affaires étrangères. Interrogée sur les propos de la représentante américaine, Mao Ning a répondu avec un sourire que Katie Zacharia était la bienvenue en Chine et qu’elle pouvait y revenir plus fréquemment. « Nous l’invitons à visiter la Chine plus souvent lorsqu’elle en aura l’occasion », a déclaré la diplomate. Cette réponse, volontairement mesurée, a permis aux autorités chinoises de contester implicitement le portrait dressé par Zacharia sans engager une polémique frontale avec Washington.

L’épisode intervient dans un contexte diplomatique sensible. Les États-Unis et la Chine continuent de s’opposer sur plusieurs dossiers majeurs, du commerce international aux technologies avancées, en passant par Taïwan et les questions de sécurité. Donald Trump a néanmoins multiplié les déclarations positives sur ses relations personnelles avec Xi Jinping. Lors de leur rencontre à Washington en septembre, les deux dirigeants avaient notamment abordé les échanges commerciaux, l’intelligence artificielle et plusieurs crises internationales. La sortie de Zacharia apparaissait donc en décalage avec les efforts de dialogue engagés au plus haut niveau.

Une première semaine sous le signe des controverses

La polémique chinoise est venue s’ajouter à une série de difficultés rencontrées par Katie Zacharia depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Sa première conférence de presse, organisée mardi 13 octobre, n’avait duré qu’une quinzaine de minutes et s’était achevée après les questions de trois journalistes. Cette prestation avait suscité des critiques dans plusieurs médias américains, certains s’interrogeant sur sa préparation à un poste où les échanges avec la presse constituent une responsabilité quotidienne essentielle.

Des interrogations avaient également émergé concernant ses qualifications juridiques. Présentée comme avocate par Donald Trump, Katie Zacharia avait reconnu ne pas avoir réussi l’examen du barreau de Californie. Diplômée en droit de l’université Pepperdine, elle avait expliqué que son déménagement en Chine avec son mari avait perturbé ses projets professionnels et qu’elle n’avait pas repassé l’examen à son retour aux États-Unis. Ces révélations avaient nourri une controverse sur la manière dont son parcours avait été présenté au public, ainsi que sur les vérifications effectuées avant sa nomination.

Vendredi 16 octobre, son départ de la Maison-Blanche a finalement été confirmé. Quelques heures auparavant, Donald Trump avait laissé entendre qu’il lui avait conseillé de réfléchir à la poursuite de ses fonctions, tout en dénonçant la sévérité des critiques médiatiques dont elle faisait l’objet. Son passage de cinq jours à la tête du service de presse présidentiel compte désormais parmi les plus brefs de l’histoire de cette fonction, particulièrement exposée dans le système politique américain.

Au-delà de son caractère insolite, cette séquence illustre la portée internationale que peuvent prendre les propos d’un responsable de la communication présidentielle. Une appréciation personnelle, formulée dans un entretien avec un commentateur politique, s’est retrouvée au centre d’un échange entre deux puissances mondiales. Pékin a choisi la dérision feutrée plutôt que la confrontation, tandis qu’à Washington, la succession des controverses mettait un terme à une nomination qui n’aura duré que quelques jours.

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