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Maroc : le budget 2027 place le pouvoir d’achat et l’emploi des jeunes au cœur des priorités

17 octobre 2026 - 18:09

Les orientations du projet de loi de finances 2027, examinées samedi lors d’un Conseil des ministres présidé par S. M. le Roi Mohammed VI, annoncent une réforme des marchés et des prix, un programme national pour la jeunesse et 25 milliards de dirhams destinés au développement territorial.

Rabat, 17 octobre 2026 — Le Maroc entend placer le pouvoir d’achat des ménages et l’insertion professionnelle des jeunes au premier rang de ses priorités budgétaires pour 2027. Les grandes orientations du projet de loi de finances (PLF), approuvées samedi en Conseil des ministres sous la présidence du roi Mohammed VI, prévoient également d’accélérer le développement territorial et de renforcer la souveraineté économique du Royaume.

Pouvoir d’achat : une réforme des marchés annoncée

La principale nouveauté réside dans l’annonce d’une réforme structurelle des marchés et des prix dès 2027. L’objectif affiché ne se limite plus à compenser les difficultés financières des ménages par des aides sociales, mais vise également à agir sur les mécanismes de formation des prix.

Cette orientation ouvre notamment la question de la concurrence, des circuits de distribution et des marges des intermédiaires. Le projet prévoit parallèlement une revalorisation des aides sociales directes, la poursuite de la généralisation de la couverture médicale et l’amélioration des services de santé, d’éducation et d’accès au logement.

L’enjeu sera toutefois de mesurer l’évolution du revenu réel des ménages. Une inflation maîtrisée ne garantit pas, à elle seule, une amélioration du pouvoir d’achat.

Jeunesse : un programme national de 2027 à 2031

Le gouvernement annonce également un programme national intégré pour la jeunesse, couvrant la période 2027-2031. Il doit articuler formation, accompagnement professionnel, accès au financement et insertion sur le marché du travail.

Cette nouvelle approche entend dépasser les limites des programmes sectoriels dispersés, en accompagnant les jeunes de leur parcours éducatif jusqu’à leur insertion économique et sociale.

Son efficacité dépendra notamment de sa capacité à créer des emplois durables, à réduire le décalage entre formation et besoins des entreprises et à intégrer les jeunes sans diplôme, ceux ayant quitté prématurément l’école ainsi que les habitants des zones rurales.

Développement territorial : 25 milliards de dirhams

Une enveloppe de 25 milliards de dirhams est annoncée pour accélérer la nouvelle génération de programmes de développement territorial intégré. Ces investissements doivent contribuer à réduire les disparités régionales et à améliorer l’accès aux infrastructures, aux services publics et aux possibilités d’emploi.

Le projet prévoit aussi de soutenir l’investissement privé, les petites et moyennes entreprises et les secteurs stratégiques liés à l’eau, à l’énergie, à l’alimentation et au numérique.

Des ambitions sociales sous contrainte budgétaire

Selon les prévisions présentées au Conseil des ministres, la croissance marocaine devrait atteindre 4,7 % en 2026, avec une inflation limitée à 0,7 % et un déficit budgétaire ramené à 3 % du PIB.

Ces projections dessinent un cadre macroéconomique relativement favorable, mais la mise en œuvre des nouvelles priorités exigera des financements durables et des arbitrages précis.

La principale question sera donc celle de l’exécution : les engagements annoncés permettront-ils d’améliorer concrètement le niveau de vie des ménages, de créer des emplois stables et de réduire les inégalités entre territoires ?

Les dispositions détaillées du PLF 2027 devront apporter les premières réponses, notamment sur les crédits alloués, les modalités des réformes et les indicateurs retenus pour évaluer leurs résultats.

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