Abhijeet Dipke, fondateur du mouvement de jeunesse Cockroach Janta Party, a été arrêté à New Delhi avant une manifestation réclamant la démission du président de la Commission électorale. La police invoque la prévention de troubles à l’ordre public, tandis que les protestataires dénoncent une révision des listes électorales qu’ils jugent favorable au pouvoir.
New Delhi, 17 octobre 2026. L’arrestation d’Abhijeet Dipke, figure du mouvement contestataire des « Cafards », relance les tensions entre les autorités indiennes et une mobilisation de jeunes qui prend de l’ampleur depuis plusieurs semaines. Interpellé vendredi alors qu’il se rendait à une manifestation dans le centre de la capitale, le fondateur du Cockroach Janta Party (CJP) a été placé en détention préventive pour prévenir, selon la police, d’éventuels troubles à l’ordre public. Les médias indiens annonçaient sa présentation samedi devant un magistrat exécutif spécial, sans qu’une décision judiciaire définitive ait été rendue publique.
Le rassemblement était prévu à Connaught Place, quartier commerçant emblématique de New Delhi. Les manifestants réclamaient la démission de Gyanesh Kumar, président de la Commission électorale indienne, accusé par le mouvement et plusieurs formations d’opposition de superviser une révision des listes électorales susceptible de favoriser le Bharatiya Janata Party (BJP), au pouvoir. La Commission électorale rejette ces accusations et affirme que les opérations répondent à des objectifs de fiabilisation des registres.
Une mobilisation malgré les interdictions
Avant la manifestation, les autorités avaient fermé le parc où devait se tenir le rassemblement, renforcé la présence policière et averti Dipke que la marche n’était pas autorisée. Son interpellation, filmée et largement relayée, n’a toutefois pas empêché plusieurs centaines de personnes de se réunir en brandissant le drapeau indien.
Plus de cent manifestants ont été interpellés, selon les autorités citées par la presse locale. Neha Bora, responsable étudiante également arrêtée vendredi, a été libérée après plusieurs heures de garde à vue. Deux autres dirigeants du CJP, Saurav Das et Ashutosh Ranka, avaient été emprisonnés plus tôt dans la semaine à la suite d’une manifestation organisée dans un lieu soumis à des restrictions.
Le mouvement des « Cafards », apparu initialement comme une initiative satirique sur internet, s’est progressivement transformé en plateforme de mobilisation politique. Il attire notamment des jeunes qui contestent certaines décisions gouvernementales et réclament davantage de transparence institutionnelle.
La révision électorale au cœur du conflit
La polémique porte sur la suppression de plus de 130 millions d’inscriptions lors d’une révision exceptionnelle des listes électorales. Pour les opposants à cette opération, le risque est de priver des citoyens de leur droit de vote, notamment parmi les populations les plus vulnérables. La Commission électorale assure que les suppressions concernent notamment des personnes décédées, déplacées ou introuvables et rappelle que les électeurs radiés à tort peuvent demander leur réinscription.
Ces chiffres ne permettent donc pas, à eux seuls, d’établir que 130 millions de citoyens auraient été illégalement exclus du scrutin. Ils soulèvent néanmoins des interrogations sur les procédures de vérification et les garanties offertes aux personnes concernées.
L’arrestation de Dipke ajoute une dimension judiciaire à cette controverse électorale. Entre impératifs de maintien de l’ordre et liberté de manifester, le traitement réservé aux responsables du CJP fait désormais partie du débat. La suite dépendra notamment de la décision concernant le fondateur du mouvement et des réponses apportées par les institutions électorales aux contestations.