Un vigile chargé de contrôler l’accès au ministère de l’Éducation nationale aurait été écarté après avoir refusé l’entrée à un membre d’une délégation ministérielle. Le nouveau ministre a assuré qu’il conserverait son poste.
Une controverse autour du sort d’un agent de sécurité privée au ministère de l’Éducation nationale a conduit le nouveau ministre, Mohamed Nabil Benabdallah, à intervenir pour garantir son maintien en fonction.
L’affaire remonte au vendredi 16 octobre, lors de la cérémonie de passation de pouvoirs entre les membres de l’ancien et du nouveau gouvernement. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un agent de sécurité empêchant une personne présentée comme un conseiller ministériel d’accéder à l’enceinte du ministère.
Peu après la diffusion des images, des informations faisant état du licenciement de l’agent ont provoqué de nombreuses réactions, notamment dans les milieux syndicaux.
Une intervention du ministre
Selon plusieurs médias marocains, Nabil Benabdallah est intervenu après avoir été informé de la décision présumée de mettre fin aux fonctions du vigile.
Des sources citées par le site Al3omk affirment que l’agent, employé par une société privée chargée de la sécurité du ministère, devrait retrouver son poste dès le lundi 19 octobre. Elles précisent que le ministre n’était pas à l’origine de la mesure contestée.
De son côté, Younès Frachen, secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), a indiqué avoir échangé avec Benabdallah. Selon le responsable syndical, le ministre lui a confirmé que l’agent ne serait pas licencié et pourrait poursuivre normalement son activité.
Ces déclarations ne permettent toutefois pas d’établir avec certitude si un licenciement formel avait été prononcé ou si la mesure était encore envisagée.
Les syndicats dénoncent une sanction injustifiée
Le Syndicat national des agents de sécurité privée, de nettoyage et de restauration a vivement critiqué ce qu’il considère comme un licenciement abusif.
Pour l’organisation, le vigile n’aurait fait qu’appliquer les consignes de contrôle d’accès à un bâtiment administratif. Elle estime qu’un salarié ne devrait pas être sanctionné pour avoir respecté les procédures de sécurité dans l’exercice de ses fonctions.
L’incident remet ainsi en lumière les conditions de travail des agents de sécurité privée, souvent chargés de faire appliquer des règles strictes tout en étant employés par des entreprises prestataires.
Cette affaire intervient au tout début du mandat de Nabil Benabdallah, nommé ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire, de la Formation professionnelle et de la Qualification le 16 octobre.
Au-delà de la polémique suscitée par la vidéo, elle pose la question de la protection des salariés sous-traitants lorsqu’ils sont amenés à faire respecter les règles d’accès aux institutions publiques.