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Faim dans le monde : le Maroc au 47e rang, mais sa situation alimentaire se dégrade depuis 2018

18 octobre 2026 - 16:20

Classé parmi les pays où la faim reste faible, le Maroc obtient un score de 9 points dans l’Indice mondial de la faim 2026, contre 8,2 en 2018. Derrière ce résultat, la sous-alimentation, les retards de croissance chez les enfants et la dépendance aux importations continuent de soulever des inquiétudes.

Le Maroc occupe la 47e place sur 122 pays dans l’Indice mondial de la faim (Global Hunger Index, GHI) 2026, avec un score de 9 points sur 100. Ce résultat le situe dans la catégorie des pays où le niveau de faim est considéré comme faible, sans pour autant signifier que l’insécurité alimentaire a disparu.

Selon le rapport international, la situation marocaine demeure plus favorable que la moyenne de l’Afrique du Nord et de l’Asie occidentale, établie à 12,5 points, ainsi que la moyenne mondiale, qui atteint 18,1 points.

Mais l’évolution récente appelle à la vigilance. Après être passé de 15,7 points en 2000 à 8,2 en 2018, le score du Royaume remonte à 9 points en 2026. Une hausse de 0,8 point qui traduit une détérioration relative, puisque, dans cet indice, plus le score est élevé, plus la situation est préoccupante.

La sous-alimentation touche 6,5 % de la population

Les quatre indicateurs retenus pour établir le classement révèlent des fragilités persistantes.

Au Maroc, 6,5 % de la population souffre de sous-alimentation. Chez les enfants de moins de cinq ans, 13,7 % présentent un retard de croissance, signe possible de carences nutritionnelles prolongées, tandis que 2,7 % sont touchés par l’émaciation, une forme de malnutrition aiguë.

Le taux de mortalité des enfants avant leur cinquième anniversaire s’établit, pour sa part, à 1,6 %.

Sur le long terme, le Royaume a néanmoins enregistré des progrès importants. La proportion d’enfants souffrant d’un retard de croissance est passée de 25,3 % en 2000 à 13,7 % dans les dernières données disponibles.

Ces résultats illustrent une situation contrastée : les avancées réalisées en matière de nutrition infantile coexistent avec des difficultés persistantes d’accès à une alimentation suffisante et équilibrée.

Agriculture : des exportations dynamiques, mais une dépendance aux céréales

Au-delà des indicateurs nutritionnels, le rapport attire l’attention sur les vulnérabilités structurelles du système alimentaire marocain.

Le Royaume exporte des produits agricoles à forte valeur ajoutée, notamment les tomates, les agrumes, les courgettes, les concombres et les fruits rouges, tout en continuant à importer une part importante des céréales nécessaires à sa consommation intérieure.

Cette situation souligne les limites d’un modèle agricole confronté à la raréfaction des ressources hydriques, aux épisodes de sécheresse et à la volatilité des marchés internationaux.

Selon les prévisions publiées en juillet par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la récolte céréalière marocaine devrait toutefois connaître une reprise en 2026, permettant de réduire temporairement les besoins d’importation de blé.

Cette amélioration conjoncturelle ne fait pas disparaître la question de la sécurité alimentaire à long terme, notamment face à la répétition des aléas climatiques.

Eau et énergie : deux facteurs supplémentaires de vulnérabilité

La dépendance énergétique accentue également les risques pesant sur l’approvisionnement alimentaire.

Dans son analyse régionale, le Global Hunger Index rappelle que le taux de dépendance énergétique du Maroc atteignait 87,5 %, selon des données officielles de 2024.

Cette exposition aux marchés extérieurs peut se répercuter sur les coûts de production agricole, de transport et d’importation des denrées alimentaires, particulièrement lors des périodes de hausse des prix internationaux de l’énergie.

Combinée au stress hydrique, elle renforce la nécessité d’améliorer la résilience des filières agricoles et la gestion des ressources naturelles.

Un classement favorable qui ne doit pas masquer les fragilités

Le classement de 2026 confirme que le Maroc demeure dans la catégorie des pays relativement peu touchés par la faim au regard de la méthodologie internationale.

Toutefois, la remontée de son score depuis 2018, la persistance de la sous-alimentation et les vulnérabilités liées à l’eau, aux céréales et à l’énergie rappellent que la sécurité alimentaire ne se mesure pas uniquement à la disponibilité des produits sur les marchés.

Elle dépend aussi de leur accessibilité économique, de leur qualité nutritionnelle et de la capacité du pays à garantir des approvisionnements stables en période de crise.

Pour le Maroc, l’enjeu consiste désormais à consolider les progrès réalisés tout en renforçant la production des denrées essentielles et la protection des populations les plus exposées à la précarité alimentaire.

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