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Maroc : El Mansouri vise 5 % de croissance et promet de conjuguer rigueur budgétaire et justice sociale

20 octobre 2026 - 10:54

La cheffe du gouvernement a présenté au Parlement les grandes orientations de son programme économique pour 2027-2031. Croissance, maîtrise de l’inflation, investissement privé et lutte contre la corruption composent une feuille de route ambitieuse, attendue sur ses résultats sociaux.

Le nouveau gouvernement marocain affiche ses ambitions économiques. La Première ministre Fatima Ezzahra El Mansouri a annoncé, lundi 19 octobre devant le Parlement, un objectif de croissance annuelle moyenne de 5 % entre 2027 et 2031, tout en s’engageant à maintenir le déficit budgétaire sous le seuil de 3 % du produit intérieur brut (PIB).

Selon les informations rapportées par Reuters, cette trajectoire s’appuie sur une croissance attendue de 4,7 % en 2026. Le nouvel exécutif entend accélérer le développement économique tout en préservant les équilibres financiers du Royaume.

Mais au-delà des indicateurs macroéconomiques, le programme présenté par El Mansouri cherche également à répondre aux attentes sociales, notamment en matière d’emploi des jeunes, de pouvoir d’achat, d’éducation et de santé.

Une croissance de 5 % sans dérapage budgétaire

Le gouvernement s’est fixé plusieurs objectifs simultanés : atteindre une croissance moyenne de 5 %, contenir l’inflation autour de 2 % et réduire la dette publique à environ 62 % du PIB d’ici 2031.

La maîtrise des prix figure parmi les engagements mis en avant par la Première ministre, qui entend protéger le pouvoir d’achat des ménages et maintenir un environnement économique stable.

Le déficit budgétaire devrait, quant à lui, rester inférieur à 3 % du PIB.

Ces orientations traduisent une volonté de préserver la crédibilité financière du pays tout en mobilisant davantage de ressources pour les politiques publiques.

Leur réalisation supposera toutefois de concilier des exigences parfois difficiles à harmoniser : maîtriser les dépenses, financer les réformes sociales et soutenir suffisamment l’activité économique pour atteindre les objectifs annoncés.

L’investissement privé appelé à jouer un rôle moteur

L’une des principales orientations du programme concerne la place du secteur privé dans le financement de l’économie.

Le gouvernement souhaite porter sa contribution aux deux tiers de l’investissement total, afin de stimuler l’activité productive, de développer les entreprises et de favoriser la création d’emplois.

Cette ambition s’accompagne d’un projet d’élargissement de l’assiette fiscale et d’une réforme de l’impôt sur le revenu.

L’exécutif prévoit également d’améliorer l’efficacité des entreprises publiques, dont les performances et la gouvernance occupent une place importante dans le fonctionnement de l’économie nationale.

L’enjeu sera de créer les conditions permettant de transformer les intentions d’investissement en projets effectivement réalisés, particulièrement dans les territoires où les opportunités économiques restent limitées.

Pouvoir d’achat et protection sociale au cœur des engagements

La nouvelle équipe gouvernementale promet de renforcer les aides sociales directes destinées aux ménages les plus vulnérables et de prendre des mesures visant à réduire les prix des produits alimentaires.

Ces annonces interviennent dans un contexte où le coût de la vie demeure une préoccupation majeure pour une partie de la population.

Le gouvernement devra préciser les modalités de financement, les critères d’accès et le calendrier de mise en œuvre des dispositifs annoncés.

La question sociale apparaît ainsi comme l’un des principaux tests du nouveau mandat : les performances économiques devront se traduire par une amélioration concrète du quotidien des ménages.

Jeunesse, école et santé : répondre aux attentes sociales

Fatima Ezzahra El Mansouri a également placé l’emploi des jeunes et l’entrepreneuriat parmi les priorités de son programme.

Le renforcement de la formation professionnelle, l’amélioration du système éducatif et la modernisation des services de santé figurent dans les orientations présentées au Parlement.

Ces engagements répondent à des attentes particulièrement fortes, exprimées notamment lors des mobilisations de jeunes observées l’année précédente.

La difficulté ne réside pas seulement dans la création de nouveaux emplois, mais aussi dans leur qualité, leur répartition territoriale et leur capacité à offrir des perspectives durables aux diplômés comme aux jeunes sans qualification.

L’amélioration des services publics constitue un autre enjeu majeur, notamment dans les régions confrontées à des disparités d’accès aux soins et à l’éducation.

Corruption et conflits d’intérêts : un engagement politique sensible

La Première ministre a annoncé son intention de renforcer la lutte contre la corruption, notamment en criminalisant l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts.

Elle a établi un lien direct entre la confiance des citoyens et l’efficacité des mécanismes de contrôle de la vie publique.

Le gouvernement entend également améliorer la gouvernance des entreprises publiques et renforcer les conditions de transparence dans la gestion des ressources.

La portée de ces engagements dépendra des textes qui seront effectivement adoptés, des moyens mobilisés pour les appliquer et de la capacité des institutions à garantir leur efficacité.

Une nouvelle majorité face à l’épreuve de la confiance

Première femme à diriger le gouvernement marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri ouvre son mandat avec une feuille de route qui associe ambitions économiques et promesses de réforme sociale.

La cohérence de ce programme reposera sur la capacité à stimuler l’investissement privé sans affaiblir les finances publiques, tout en répondant à la demande de meilleurs services et de davantage d’opportunités professionnelles.

Le cap des 5 % de croissance constitue un objectif mesurable. Mais l’appréciation du bilan gouvernemental dépendra aussi de la répartition des fruits de cette croissance, de la réduction des inégalités et de la confiance retrouvée dans les institutions.

Pour le nouvel exécutif, l’enjeu sera désormais de passer des engagements chiffrés à des résultats perceptibles par les citoyens.

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