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Maroc : 121,3 milliards de dirhams pour l’éducation en 2027, avec près de 18 000 postes budgétaires annoncés

23 octobre 2026 - 19:12

Le gouvernement prévoit d’augmenter de 5,3 milliards de dirhams les moyens consacrés à l’éducation, à l’enseignement supérieur et à la formation professionnelle. Présenté devant le Parlement, le projet de budget 2027 mise sur le renforcement des effectifs, la création de 49 établissements universitaires et l’ouverture de trois Cités des métiers et des compétences. Reste à transformer cet effort financier en amélioration mesurable de la qualité des apprentissages.

L’éducation figure parmi les grandes priorités affichées par le gouvernement dans le projet de loi de finances 2027. Lors de sa présentation devant le Parlement, vendredi 23 octobre, Fouzi Lekjaa, ministre chargé de l’Économie et des Finances, a annoncé une enveloppe globale de 121,3 milliards de dirhams destinée à l’Éducation nationale, à l’Enseignement supérieur et à la Formation professionnelle.

Cette dotation représente une augmentation de 5,3 milliards de dirhams par rapport aux 116 milliards prévus précédemment, soit une progression d’environ 4,6 %. Le gouvernement annonce également 17 874 postes budgétaires pour accompagner les réformes engagées dans ces secteurs.

Au-delà de la hausse des crédits, l’exécutif entend agir sur plusieurs faiblesses structurelles du système éducatif : les difficultés d’apprentissage, le décrochage scolaire, les disparités territoriales et l’adéquation entre les formations et les besoins de l’économie.

Un effort budgétaire qui devra produire des résultats

L’augmentation des ressources consacrées à l’éducation traduit la volonté gouvernementale de poursuivre les investissements dans les infrastructures, les ressources humaines et les dispositifs pédagogiques.

Mais la progression des dépenses ne constitue pas, à elle seule, une garantie d’amélioration du système éducatif. La question essentielle demeure celle de l’efficacité des moyens mobilisés, notamment dans les établissements confrontés à des difficultés d’encadrement, d’équipement ou de réussite scolaire.

L’enjeu pour 2027 sera donc de mesurer les résultats de cet investissement à travers des indicateurs concrets : maîtrise de la lecture et des mathématiques, réduction de l’abandon scolaire, amélioration des conditions d’enseignement et accès plus équitable aux formations.

17 874 postes budgétaires pour renforcer les ressources humaines

Le projet gouvernemental prévoit l’affectation de 17 874 postes budgétaires aux secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la formation.

Cette annonce vise à accompagner l’extension de l’offre éducative et les besoins liés aux différentes réformes. Le renforcement des ressources humaines constitue en effet un levier central pour améliorer l’encadrement des élèves et des étudiants.

La répartition précise de ces postes entre les différentes composantes du système devra toutefois être examinée dans les documents budgétaires détaillés.

Il conviendra également de distinguer les postes effectivement destinés à de nouveaux recrutements de ceux pouvant relever de dispositifs particuliers de régularisation ou de redéploiement administratif.

L’enseignement préscolaire et les apprentissages fondamentaux en priorité

Pour l’Éducation nationale, le gouvernement entend poursuivre la généralisation de l’enseignement préscolaire, considéré comme une étape essentielle dans la réduction des inégalités dès les premières années de scolarité.

L’amélioration des apprentissages fondamentaux constitue une autre priorité. L’objectif est d’augmenter la proportion d’élèves maîtrisant les compétences de base, notamment en lecture, en écriture et en mathématiques.

La lutte contre le décrochage scolaire reste également au programme. L’exécutif prévoit de développer de nouveaux parcours pour les jeunes ayant quitté prématurément le système éducatif, afin de faciliter leur retour en formation ou leur insertion professionnelle.

Ces mesures répondent à une difficulté majeure : garantir non seulement l’accès à l’école, mais aussi la possibilité d’y acquérir des compétences solides et durables.

Enseignement supérieur : 49 nouveaux établissements universitaires

L’un des volets les plus importants du programme concerne l’enseignement supérieur. Le gouvernement prévoit la création de 49 établissements universitaires, parallèlement à la poursuite de la nouvelle architecture des formations.

Cette extension doit contribuer à élargir l’accès aux études supérieures et à rapprocher l’offre universitaire des besoins des territoires.

Elle s’accompagne d’une volonté de renforcer la recherche scientifique et l’innovation, deux domaines considérés comme essentiels pour la compétitivité économique et le développement des compétences.

La création de nouvelles structures devra néanmoins s’accompagner de moyens pédagogiques suffisants, d’équipements adaptés et d’un encadrement qualifié. L’ouverture d’établissements supplémentaires ne permettra d’améliorer durablement l’enseignement supérieur que si elle se traduit également par de meilleures conditions d’études.

Trois nouvelles Cités des métiers et des compétences

Le développement de la formation professionnelle constitue un autre axe du budget 2027.

Le gouvernement prévoit l’ouverture de trois nouvelles Cités des métiers et des compétences dans les régions de Guelmim-Oued Noun, Fès-Meknès et Drâa-Tafilalet.

Ces structures doivent contribuer à diversifier les parcours de formation et à rapprocher les jeunes des compétences recherchées sur le marché du travail.

Leur implantation régionale répond également à un objectif de réduction des disparités territoriales, en permettant à davantage de jeunes d’accéder à des formations professionnalisantes sans devoir nécessairement rejoindre les principaux pôles urbains.

Le succès de cette orientation dépendra notamment des partenariats avec les entreprises, de l’adaptation des programmes aux activités économiques locales et des possibilités réelles d’insertion des diplômés.

Réduire les écarts entre territoires et rapprocher l’école de l’emploi

À travers ces différentes mesures, le gouvernement cherche à articuler trois ambitions : améliorer la qualité de l’enseignement, élargir l’accès aux établissements et renforcer les perspectives professionnelles des jeunes.

Cette approche suppose une meilleure coordination entre l’école, l’université, les centres de formation et les acteurs économiques.

Elle nécessite également une attention particulière aux zones rurales et aux territoires moins bien équipés, où les difficultés d’accès aux services éducatifs peuvent accentuer les inégalités.

La question de l’employabilité des diplômés restera centrale. Le développement de nouvelles formations devra être accompagné d’une connaissance précise des besoins du marché du travail et de l’évolution des métiers.

Le défi de l’exécution et de l’évaluation

Avec 121,3 milliards de dirhams annoncés, l’effort budgétaire est significatif. Il intervient cependant dans un contexte où les attentes des familles, des enseignants, des étudiants et des entreprises demeurent élevées.

Les débats parlementaires devront permettre de préciser la ventilation des crédits, les modalités de recrutement, le calendrier des nouvelles infrastructures et les mécanismes d’évaluation des réformes.

Car la réussite d’une politique éducative ne se mesure pas uniquement aux sommes engagées ou au nombre d’établissements créés, mais à sa capacité à améliorer les apprentissages et à offrir des perspectives plus équitables aux jeunes.

Le budget 2027 confirme ainsi la place stratégique de l’éducation dans les priorités publiques. Le véritable test sera celui de son exécution : transformer les 121,3 milliards de dirhams annoncés en écoles plus performantes, en universités mieux équipées et en formations ouvrant de réelles perspectives d’avenir.

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