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Attaque raciste dans les Yvelines : Macron dénonce un « attentat terroriste » après un mort et cinq blessés

23 octobre 2026 - 22:44

Le chef de l’État s’est rendu vendredi soir à Trappes, où un homme armé a ouvert le feu sur des passants, ainsi qu’à La Verrière. Une fillette de 12 ans figure parmi les victimes. Le Parquet national antiterroriste enquête sur un ciblage raciste et révèle la découverte de trois bouteilles de gaz reliées à une minuterie au domicile du suspect.

La France est sous le choc après une série de fusillades survenues vendredi 23 octobre 2026 à Trappes et à La Verrière, dans les Yvelines. Un homme a été tué et cinq autres personnes blessées, dont une enfant de 12 ans, lors d’une attaque menée depuis un véhicule dans plusieurs rues de ces communes situées au sud-ouest de Paris.

Emmanuel Macron s’est personnellement déplacé à Trappes dans la soirée. Devant les élus, les habitants et les forces de sécurité, le président de la République a dénoncé un « attentat terroriste raciste », évoquant un tournant dans la vie nationale.

Les premiers éléments communiqués par les autorités suggèrent que les victimes auraient été choisies en raison de leur couleur de peau ou de leur appartenance religieuse supposée.

Le Parquet national antiterroriste (PNAT) s’est saisi de l’enquête. Les investigations ont également permis de découvrir un dispositif de piégeage au domicile du suspect, renforçant les interrogations sur la préparation de son passage à l’acte.

Une course meurtrière interrompue par la police

Vendredi matin, un homme circulant à bord d’une Renault Clio grise a ouvert le feu à plusieurs reprises dans les communes de Trappes et de La Verrière.

Selon le ministère de l’Intérieur, l’assaillant utilisait un pistolet-mitrailleur et tirait par rafales en direction de personnes présentes dans la rue.

La séquence aurait duré environ un quart d’heure. Cinq agents de la brigade anticriminalité sont rapidement intervenus et ont interpellé le suspect à Coignières, une commune voisine.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a salué cette intervention, estimant qu’elle avait probablement empêché un bilan humain plus lourd.

Le tireur présumé a été placé en garde à vue.

Une fillette de 12 ans parmi les blessés

La victime décédée est un jeune homme de 26 ans, touché à Trappes. Plusieurs personnes ont également été atteintes dans les rues de La Verrière.

Parmi elles figure une fillette de 12 ans, blessée par huit projectiles et transférée à l’hôpital Necker, à Paris.

Le maire de La Verrière, Nicolas Dainville, avait évoqué une stabilisation de son état dans l’après-midi. Toutefois, les autorités ont ensuite insisté sur la gravité des blessures et la nécessité de poursuivre les soins.

Les autres victimes comprennent notamment deux hommes âgés de 29 et 49 ans.

Le bilan a évolué au cours de la journée : d’abord présenté comme un mort et quatre blessés, il a été porté à un mort et cinq blessés dans les informations communiquées par le PNAT et reprises par le président de la République.

La piste d’un ciblage raciste au centre de l’enquête

Les maires des deux communes ont évoqué des éléments laissant penser que l’assaillant avait délibérément visé des personnes d’origine africaine ou maghrébine.

Ali Rabeh, maire de Trappes, a dénoncé un acte à caractère raciste et possiblement islamophobe. Il a notamment indiqué que le jeune homme décédé était d’origine africaine et qu’une autre victime grièvement blessée était d’origine maghrébine.

Emmanuel Macron a repris cette lecture des faits lors de son déplacement, soulignant que les victimes auraient été choisies en fonction de leur apparence et de leur religion supposée.

Le président a également évoqué des indices de préméditation, notamment des déclarations attribuées au suspect.

Ces éléments devront être confirmés par les investigations judiciaires, qui détermineront précisément les motivations et les responsabilités pénales.

Trois bouteilles de gaz et une minuterie au domicile du suspect

Dans la soirée, le Parquet national antiterroriste a communiqué sur la découverte d’un dispositif particulièrement préoccupant dans l’appartement du suspect, situé à Plaisir.

Selon le PNAT, trois bouteilles de gaz avaient été reliées à des fils électriques connectés à une minuterie.

Cette installation a nécessité d’importantes précautions lors de la perquisition. Le bâtiment a été évacué et un périmètre de sécurité établi afin de permettre l’intervention des équipes spécialisées.

Le principal suspect, identifié comme Kévin T., âgé de 39 ans, a été placé en garde à vue. Une personne appartenant à son entourage familial direct a également été interpellée.

Les enquêteurs devront établir l’objectif exact de ce dispositif, ses conditions de préparation et l’existence éventuelle d’autres intentions criminelles.

Aucun élément public ne permet encore d’en déduire qu’un deuxième attentat était programmé.

Macron appelle à défendre la concorde républicaine

Devant la presse, Emmanuel Macron a présenté l’attaque comme un événement particulièrement grave pour la République française.

Le président a dénoncé une violence motivée, selon lui, par une idéologie raciste et a appelé le pays à ne pas céder aux discours susceptibles de banaliser la haine.

Il a insisté sur la nécessité de préserver l’unité nationale et d’empêcher que des convictions discriminatoires puissent servir de justification à des violences contre des citoyens.

Sa déclaration intervient alors que la question des discriminations et des actes racistes occupe une place croissante dans le débat public.

Selon les données du ministère de l’Intérieur, les forces de sécurité ont enregistré environ 9 700 crimes et délits à caractère raciste en 2025, en augmentation de 5 % sur un an.

Le PNAT enquête sur un assassinat terroriste

Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête portant notamment sur des faits d’assassinat et de tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les victimes auraient été ciblées pour leur appartenance réelle ou supposée à une origine, une nation ou une religion.

Les investigations portent également sur une possible association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes contre les personnes.

Les policiers chercheront à reconstituer le parcours de l’auteur présumé, les circonstances de l’acquisition de l’arme, ses éventuelles communications et la préparation du dispositif découvert à son domicile.

La qualification judiciaire définitive dépendra des résultats de ces investigations.

Trappes et La Verrière confrontées au traumatisme

Dans les deux communes, habitants et élus expriment une profonde émotion après des scènes de violence survenues en pleine matinée.

Au-delà du bilan humain, la perspective d’un ciblage raciste provoque une inquiétude particulière parmi les populations qui craignent de devenir des victimes en raison de leurs origines.

Les autorités locales ont appelé à la solidarité avec les familles et à la préservation de la concorde civile.

L’enjeu immédiat est désormais double : sauver les blessés et établir toute la vérité sur la préparation et les motivations de l’attaque. Pour la France, ce drame relance aussi une interrogation majeure sur la manière de prévenir le passage à l’acte de personnes animées par la haine raciale ou religieuse.

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