Des groupes de jeunes, pour la plupart vêtus de noir et le visage dissimulé, ont provoqué de violents incidents samedi dans le centre de Barcelone. Des commerces ont été pris pour cible, des barricades incendiées et plusieurs rues bouclées par la police. Ces scènes rappellent les violences survenues une semaine plus tôt à Milan.
Le centre de Barcelone a été le théâtre, samedi 24 octobre, de violents affrontements entre des groupes de jeunes et les forces de l’ordre. Des magasins ont été pillés, des vitrines brisées et du mobilier urbain incendié autour de la place de Catalogne, l’un des lieux les plus fréquentés de la capitale catalane.
Les troubles ont éclaté dans l’après-midi à la suite d’un rassemblement organisé sur les réseaux sociaux, sans déclaration préalable auprès des autorités.
Plusieurs dizaines de jeunes, dont beaucoup portaient des vêtements noirs et dissimulaient leur visage, se sont réunis sur la place de Catalogne avant de se disperser dans les rues environnantes, où les premiers incidents ont rapidement dégénéré.
Des barricades incendiées et des magasins attaqués
Selon les informations recueillies auprès de la police catalane, des groupes de manifestants ont lancé des pierres et divers objets contre les agents des Mossos d’Esquadra, qui ont procédé à plusieurs interventions pour tenter de disperser les participants.
Des poubelles, des conteneurs et des motocyclettes ont été utilisés pour ériger des barricades, notamment à l’angle de la rue Vergara et de la place de Catalogne. Plusieurs de ces installations ont ensuite été incendiées.
Des abribus ont été endommagés, des vitrines brisées et des tentatives de pillage ont été signalées dans les principales artères commerçantes du centre-ville. Des commerces ont également été effectivement pillés, selon les informations publiées dans la soirée par plusieurs médias locaux.
Face à la multiplication des incidents, la police municipale de Barcelone a fermé plusieurs accès à la place de Catalogne, entre les secteurs d’Urquinaona et d’Universitat.
De nombreux magasins, dont le grand établissement El Corte Inglés, ont baissé leurs rideaux afin de prévenir de nouvelles dégradations.
Les violences se sont déroulées en présence de nombreux habitants et touristes, particulièrement nombreux dans le centre de Barcelone un samedi après-midi.
Une mobilisation lancée sur les réseaux sociaux
Le rassemblement avait circulé sur les plateformes numériques sous le mot d’ordre Instituts Indignats, en référence au mouvement français Lycéens Indignés, à l’origine de plusieurs mobilisations étudiantes ces dernières semaines.
Les revendications relayées autour de la mobilisation concernaient notamment les conditions de vie, l’éducation et le coût du logement.
Cependant, les motivations des participants et le degré d’organisation des groupes impliqués dans les violences demeurent difficiles à établir.
La proximité avec les mouvements de contestation apparus en France ne permet pas, à elle seule, de conclure à une coordination entre leurs organisateurs.
Les incidents se sont également produits à proximité d’un campement installé depuis plusieurs semaines sur la place de Catalogne pour défendre le droit au logement. Les organisateurs de cette mobilisation pacifique se sont dissociés des violences.
Le président catalan condamne les violences
Le président du gouvernement régional de Catalogne, Salvador Illa, a condamné les incidents, tout en rappelant que manifester constituait un droit démocratique.
Il a souligné que les agressions, les intimidations et les destructions ne pouvaient être acceptées et a apporté son soutien aux forces de sécurité.
Les Mossos d’Esquadra ont également demandé aux habitants de ne pas s’approcher des secteurs concernés, en raison des incendies et des jets de projectiles.
Au moins une interpellation a été rapportée dans la soirée par la presse catalane, mais aucun bilan consolidé des arrestations, des blessés et des dégâts matériels n’était encore disponible.
Milan, précédent récent de violences juvéniles
Les événements de Barcelone surviennent une semaine après les graves troubles enregistrés à Milan, dans le nord de l’Italie.
Les 17 et 18 octobre, des groupes de jeunes avaient brisé des vitrines, pillé des magasins et affronté la police dans les quartiers commerçants proches de la place du Duomo.
Selon l’agence italienne ANSA, plus de 200 personnes avaient été interpellées lors des violences du 18 octobre, dont environ 80 % de mineurs.
Redoutant de nouveaux débordements, les autorités italiennes ont renforcé samedi la présence policière et militaire dans le centre de Milan. Les rassemblements de cette nouvelle journée se sont toutefois déroulés de manière largement pacifique dans la ville, contrairement à ceux du week-end précédent.
La succession de ces épisodes à Milan et Barcelone soulève des interrogations sur la rapidité avec laquelle des rassemblements de jeunes peuvent être organisés par les réseaux sociaux et, dans certains cas, dégénérer en violences urbaines.
Si les deux villes ont connu des scènes similaires de pillages et de dégradations, aucun élément vérifié ne permet à ce stade d’affirmer que les groupes impliqués appartiennent à une même organisation ou agissent dans le cadre d’une stratégie commune.