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Bolsonaro condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État au Brésil

12 septembre 2025 - 13:09

L’ex-président Jair Bolsonaro a été condamné jeudi à 27 ans et trois mois de prison par la Cour suprême pour avoir dirigé une organisation criminelle qui cherchait à empêcher l’investiture de Luiz Inácio Lula da Silva après les élections de 2022. Ce verdict historique a aussitôt provoqué la colère de Donald Trump et un nouvel épisode de tension diplomatique entre Washington et Brasilia.

Âgé de 70 ans, Bolsonaro devient le premier ancien chef d’État brésilien condamné pour golpisme depuis la fin de la dictature militaire. Selon les juges, il a planifié, avec des alliés politiques et militaires, un dispositif destiné à conserver le pouvoir, incluant même un projet d’assassinat contre Lula, abandonné faute de soutien dans l’armée. Sa défense a annoncé des recours, y compris au niveau international, tandis que sept coaccusés – ex-ministres et officiers – écopent de peines allant de 2 à 26 ans de prison.

La condamnation survient à un peu plus d’un an des élections présidentielles de 2026 et rebat les cartes de la scène politique. Malgré son assignation à résidence à Brasilia, Bolsonaro reste la figure centrale de la droite, qui prépare une offensive parlementaire pour voter une amnistie générale couvrant à la fois les partisans poursuivis pour l’assaut du 8 janvier 2023 et leur leader. Son fils Flávio Bolsonaro a réagi en affirmant que la famille garde “la tête haute” et que “l’histoire montrera” qu’ils étaient “du bon côté”.

La réaction de Washington a ravivé les tensions bilatérales. Donald Trump, allié indéfectible de Bolsonaro, a jugé la décision “très surprenante”, tandis que son secrétaire d’État, Marco Rubio, a menacé de “répondre en conséquence” à une sentence qualifiée “d’injuste”. Le gouvernement brésilien a répliqué avec fermeté : “Les menaces (…) ne feront pas reculer notre démocratie”, a écrit la chancellerie sur X.

Dans la rue, les divisions sont visibles. À Brasilia, des écrans géants ont retransmis le jugement, accueilli par des applaudissements et des cris de “Bolsonaro en prison !” dans certains bars, alors que devant la résidence de l’ex-président, des partisans dénonçaient un “procès politique” et s’inquiétaient de le voir finir ses jours derrière les barreaux.

Avec Lula susceptible de briguer un nouveau mandat en 2026 et Bolsonaro désormais inéligible, la droite brésilienne devra trouver un successeur capable de canaliser l’héritage du bolsonarisme. Ce verdict, qualifié d’historique, inscrit le Brésil dans une confrontation judiciaire et géopolitique qui dépasse largement ses frontières.

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