Dans une déclaration à alyaoum24.com, le sociologue marocain Fouad Benmir affirme que la victoire de la sélection marocaine U20 au Mondial de football dépasse le simple cadre sportif. Elle exprime une expérience d’unité nationale où la ferveur du jeu devient miroir de la cohésion sociale et du sentiment d’appartenance collective.
Selon Benmir, le football n’est pas qu’un divertissement ou une passion populaire. Il s’agit, comme l’avait défini Marcel Mauss, d’un fait social total, où se rencontrent économie, culture et identité. « Dans le cas du Maroc, explique-t-il, le triomphe des jeunes Lions de l’Atlas a franchi les limites du terrain. Il s’est transformé en événement social, politique et émotionnel. »
Le chercheur en sociologie souligne que cette victoire a effacé, le temps d’une soirée, les distinctions sociales et idéologiques. « Les Marocains ont ressenti un même élan d’appartenance. Le match est devenu un rituel national où se rejoue la signification de l’identité collective qu’Émile Durkheim décrivait comme la fusion dans le tout social. »
Une effervescence partagée
Pour Benmir, le Maroc a vécu une véritable effervescence collective : « Quand le drapeau rouge à l’étoile verte s’est élevé, le sentiment national est passé du symbole à la sensation. Ce n’était pas une idée abstraite, mais une émotion commune qui a traversé tous les corps. »
Et cette émotion n’a pas concerné uniquement les passionnés de football : « Même ceux qui ne suivent pas le sport s’y sont reconnus, car le message n’était pas sportif, mais profondément symbolique et affectif. »
Du stade à la société
Benmir estime que cette expérience va au-delà de la célébration. Elle invite à réfléchir à un modèle de réussite collective. « Comme la victoire s’est construite par l’organisation, la discipline et la coopération, la jeunesse marocaine peut transformer son énergie en action constructive dans les institutions et la vie publique. »
En s’appuyant sur les analyses de Pierre Bourdieu, il rappelle que le capital symbolique né des moments d’unité peut devenir un capital politique réel s’il est canalisé par des structures légitimes.
De la passion à l’action
« Le football nous enseigne que la victoire ne se crie pas, elle se prépare », ajoute le sociologue. « Elle est le fruit du travail, de la coordination et de la croyance en un projet collectif. Ce que la jeunesse a réalisé sur le terrain peut devenir un modèle pour toute la société. »
En conclusion, Fouad Benmir confie à alyaoum24.com : « Nos jeunes ont rappelé que la gloire ne s’importe pas, elle se construit. L’identité n’est pas un slogan, mais une expérience vécue. Quand le peuple crie Dima Maghrib, il ne célèbre pas seulement un but : il réaffirme un lien social renouvelé entre le citoyen et la patrie. »