Le Maroc poursuit sa réforme fiscale avec une nouvelle mesure destinée à renforcer l’équité et l’efficacité du système. Le projet de loi de finances pour 2026 introduit l’application de la retenue à la source sur les revenus immobiliers des entreprises, une disposition qui complète le dispositif déjà en vigueur pour les particuliers.
Adoptée dans l’article 4 du texte, cette mesure vise à élargir l’assiette fiscale et à améliorer la transparence du recouvrement. Le gouvernement entend ainsi consolider la justice fiscale et moderniser les mécanismes de collecte, en s’appuyant sur un modèle progressif déjà appliqué à d’autres catégories de revenus.
Lors du débat parlementaire tenu ce vendredi à la Chambre des représentants, plusieurs députés ont soulevé des observations concernant l’absence de procédure claire d’information des contribuables concernés. Ils ont exprimé la nécessité d’un dispositif administratif garantissant la fluidité de l’application et la communication avec les entreprises soumises à la retenue.
Le ministre délégué auprès de la ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a précisé que ce système avait déjà permis de mobiliser plus de six milliards de dirhams en ce qui concerne les revenus immobiliers des particuliers. Il a rappelé qu’il s’agit d’un instrument reconnu au niveau international pour assurer un prélèvement efficace de l’impôt et établir un équilibre entre les différentes catégories de contribuables.
Selon Lekjaa, le gouvernement adopte une approche graduelle dans la généralisation de ce mécanisme, considérant qu’il constitue un levier essentiel pour consolider les recettes publiques et renforcer la confiance entre l’administration fiscale et les acteurs économiques. Cette orientation s’inscrit dans le cadre plus large de la réforme fiscale nationale, fondée sur la simplification, la digitalisation et l’élargissement équitable de la base imposable.
L’élargissement de la retenue à la source aux revenus immobiliers des entreprises marque ainsi une étape importante dans la modernisation de la politique budgétaire marocaine, avec pour objectif de rapprocher davantage la fiscalité des standards internationaux tout en préservant la spécificité du modèle national.