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COP30 : le Maroc insiste sur la clarté des financements pour garantir la crédibilité des engagements mondiaux

18 novembre 2025 - 09:51

La discussion autour du financement climatique a repris de l’ampleur à Belém, où la présidence brésilienne de la COP30 tente de rapprocher des positions encore éloignées. Le Maroc a rappelé, durant ces échanges, que la mise en œuvre effective des engagements internationaux dépend d’un critère décisif : la transparence sur les moyens financiers destinés aux pays en développement.

Intervenant au nom du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, Rachid Tahiri a souligné l’importance d’un consensus solide autour de l’article 9.1 de l’Accord de Paris. Ce volet, qui consacre l’obligation légale faite aux pays développés d’apporter un soutien financier aux pays en développement, reste au cœur des divergences. Plusieurs délégations évoquent des blocages persistants, tandis que les marges de négociation se réduisent à mesure que la conférence avance.

Selon Tahiri, avancer sur ce dossier exige de « lever les derniers obstacles » et d’établir des garanties claires permettant d’ouvrir des discussions substantielles, sans fragiliser l’esprit de l’article 9.1. Le Maroc, en cohérence avec les groupes africain et arabe, insiste sur la nécessité de définir des mécanismes de financement lisibles, capables de soutenir l’exécution des contributions déterminées au niveau national, notamment lorsque celles-ci comportent une part conditionnée au soutien international.

La synthèse publiée par la présidence brésilienne met en avant plusieurs axes structurants : la centralité du multilatéralisme, le passage d’une COP axée sur la négociation à une COP tournée vers l’exécution, ainsi que l’importance d’un effort collectif pour accélérer l’action climatique durant ce « moment décisif ». Les discussions témoignent d’un accord grandissant sur la transition énergétique et l’élargissement de l’accès au financement, avec un accent particulier sur la réduction du coût du capital pour les économies les plus vulnérables.

Le chapitre financier demeure toutefois la principale zone de friction. Trois options sont encore en débat concernant l’orientation des flux financiers, leur gouvernance et leur articulation avec les engagements existants, en particulier dans les domaines de l’adaptation et de la mise en œuvre de l’article 9.1. Plusieurs pays considèrent que les divergences restent trop importantes pour aboutir rapidement à une formule consensuelle.

Tahiri a mis en garde contre le volume toujours élevé des points non résolus et a plaidé pour des discussions structurées et cohérentes autour de l’article 9.1. Il a rappelé que cette disposition compte parmi les rares qui établissent une obligation juridique claire. Le Maroc encourage ses partenaires à préciser les garanties qu’ils jugent indispensables pour participer à un dialogue respectueux des droits et des attentes de chaque partie.

La présidence brésilienne, pour sa part, continue de défendre une vision orientée vers l’action, affirmant que la réussite collective passe par des progrès concrets en matière d’adaptation, de transition énergétique et de coopération technique, avec l’appui des mécanismes prévus par l’Accord de Paris.

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