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Madrid acte le cap réformateur du Maroc et son agenda africain

04 décembre 2025 - 19:13

À l’issue de la 13ᵉ Réunion de haut niveau maroco-espagnole tenue à Madrid, Espagne a publiquement reconnu la trajectoire de réformes engagée par le Maroc sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI. La déclaration conjointe, adoptée dans la capitale espagnole, se démarque par un ton politique net car elle situe Rabat au rang des partenaires réformateurs crédibles dans l’espace euro-méditerranéen et africain.

Le texte met en avant une série de chantiers considérés comme structurants. Madrid cite explicitement le nouveau modèle de développement, la régionalisation avancée, la stratégie nationale de développement durable et les progrès sociaux récents. L’ensemble dessine, selon la partie espagnole, un cadre de transformation institutionnelle et économique qui donne au pays une visibilité et une prévisibilité accrues — deux critères essentiels aux yeux des partenaires européens.

L’accent se déplace ensuite vers l’Afrique, où Rabat revendique un rôle d’entraînement. L’Espagne souligne les initiatives lancées à l’échelle continentale: le Processus des États africains de l’Atlantique, l’initiative visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique et le projet de gazoduc africain atlantique. En filigrane, Madrid reconnaît un logiciel diplomatique marocain orienté vers la connectivité, l’intégration régionale et la sécurité énergétique — des leviers appelés à produire des effets bien au-delà des frontières nationales.

Le communiqué rappelle également  l’ancrage du Maroc dans les médiations régionales. Madrid met en relief l’action conduite dans le dossier palestinien par le souverain, en tant que président du Comité Al-Qods, saluant une ligne qu’elle juge à la fois équilibrée et de terrain. La séquence diplomatique adopte une lecture politique plus large, où stabilité, coopération sécuritaire et dialogue régional apparaissent comme les piliers du partenariat bilatéral.

Ce qui frappe, toutefois, tient au changement de focale. L’Espagne ne se contente plus de commenter des intentions; elle qualifie des politiques publiques et des projets d’infrastructures. Le registre se veut opérationnel, presque contractuel. À Madrid, on parle moins de symboles que de calendriers, moins de gestes que d’outils.

Cette prise de position intervient dans un moment où plusieurs dossiers structurent l’agenda européen, au premier rang desquels l’énergie, les migrations et la situation au Sahel. Elle donne au partenariat maroco-espagnol une densité nouvelle et inscrit le Maroc dans une géopolitique de solutions. La relation maroco-espagnole est appelée à se projeter au-delà du voisinage immédiat, avec des priorités assumées sur l’Atlantique et le Sahel, en cohérence avec les réformes engagées à Rabat.

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