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Hommage trahi... Mon combat pour la vérité et la justice

05 décembre 2025 - 11:36

À la mémoire de mon père, feu M. Miloud Chaâbi,
homme de rigueur, de foi et de travail acharné,
qui a bâti de ses mains une œuvre économique et sociale au service du Maroc et de son Roi,
et qui a toujours cru que la réussite n’a de valeur que si elle profite aux autres.

Depuis son départ, j’ai vu ce qu’il avait construit s’effriter.
J’ai vu les valeurs qu’il incarnait, honnêteté, solidarité, dignité, remplacées par le mensonge et l’intérêt personnel.

Cet écrit n’est pas une plainte.
C’est un témoignage.

Je ne cherche ni à régler des comptes ni à pleurer un héritage :
Je souhaite rétablir la vérité.
Je souhaite que l’on sache ce qu’il est advenu de l’œuvre d’un homme qui n’a jamais triché,
et que la mémoire de mon père soit protégée de la déformation et de l’oubli.

Le dernier souffle d’un bâtisseur

Le 16 avril 2016, mon père s’en est allé.
Le Maroc a perdu ce jour-là l’un de ses grands entrepreneurs.

Je me souviens de ce silence lourd qui a suivi l’annonce.
Dans les usines, dans les bureaux, dans les foyers de milliers de familles, c’était la stupeur et le chagrin.

Il laissait derrière lui une grande famille de prés de 25 000 familles employées: un groupe industriel, commercial et social présent dans tout le Royaume.
Mais il laissait surtout un modèle : celui d’un homme parti de rien, devenu un symbole de réussite honnête.

Je croyais que cette structure, solide, encadrée par la loi et par des hommes de confiance, survivrait naturellement à son fondateur.

Je me trompais.

Très vite, les équilibres se sont brisés.
Les premières semaines ont vu apparaître des tensions, des ambitions, des manœuvres.
Ce qui devait être une période de recueillement est devenu une lutte de pouvoir.
Et le sens du mot “héritage” a commencé à se déformer.

 

L’ombre de la présidence

Peu après le décès, la présidence du groupe fut accaparée par Madame Tajmouati, veuve de mon père, ma mère.
Elle s’est proclamée Présidente d’Ynna Holding, dans une opacité totale, sans validation du Conseil des héritiers, juste pour trois mois », disaient-ils.
Cette nomination illégitime a été le premier acte d’une dérive profonde.

Le problème n’est pas seulement juridique.
C’est aussi une question de compétence.

Madame Tajmouati ne lit ni n’écrit le français, or toutes les décisions, contrats, bilans et rapports sont rédigés dans cette langue.
Elle signe sans comprendre.
Et ceux qui se trouvent derrière elle décident à sa place.

 

Un clan s’est formé dès les premiers jours du décès.
Ce clan, constitué de Fouzi, d’Omar, de Fayçal pour la partie à l’étranger, et surtout de Karoumi, secrétaire devenue porte-parole de fair de ma mère, a pris en main la totalité des décisions.

C’est Karoumi qui parle, qui signe, qui décide à la place de la Présidente, profitant de sa méconnaissance des dossiers et de la confiance aveugle de Fouzi et d’Omar.
C’est par elle que transitent les instructions, les rapports, les convocations et même les décisions de gestion.

Ils ont organisé un partage illégal des actions, sans inventaire, sans accord unanime, en violation des droits successoraux.
Des procès-verbaux ont été falsifiés, des feuilles de présence déchirées, des convocations antidatées.

Cette situation relève d’un véritable abus de faiblesse.

Mme Tajmouati,agee, est dotée d’un niveau scolaire limite acquis dans les écoles arabes des années 40 signe des documents qu’elle ne comprend pas.
Ses proches en profitent pour lui faire endosser plus tard des actes dont elle ignore la portée juridique et financière.
On raconte que certains la conseilleraient qu’elle pouvait tout signer, qu’elle n’avait rien à craindre, qu’elle ne pouvait pas aller en prison à cause de son âge avancé.

Cette organisation parallèle a permis à ce clan de contrôler, dans l’ombre, toutes les sociétés, tous les conseils, tous les comptes.
Ils ont isolé les autres héritiers, interdit toute circulation d’information et verrouillé les accès aux documents.

Mme Tajmouati, sans formation adaptée et dépourvue des compétences et de l’expérience nécessaire, signe ce qu’on lui présente, très souvent des textes en français, qu’elle ne comprend pas.

C’est ainsi qu’un pouvoir de fait, non légal, s’est imposé sur le groupe fondé par mon père : un pouvoir tenu non par des dirigeants légitimes, mais par un cercle restreint d’héritiers et de collaborateurs qui utilisent son nom, son image pour servir leurs propres intérêts.

Le coffre-fort.

Quelques jours à peine après le décès de mon père, un fait d’une extrême gravité est survenu.
Le coffre-fort personnel de mon père, situé dans sa chambre à coucher a été force.
Ce coffre contenait de nombreux documents confidentiels, dossiers bancaires, contrats et titres de valeur dont j’ignore à aujourd’hui le contenu exact,

La personne chargée d’ouvrir le coffre m’avait alerté sur le moment et m’avait conseillé d’en informer la police.
Je ne l’ai pas fait, par crainte des conséquences et par respect pour la mémoire de mon père.
Je le regrette profondément aujourd’hui.

A ce jour encore l’inventaire au Maroc et a l’étranger n’a pas encore été réalisé.

Et plusieurs comptes bancaires au nom de mon père demeurent introuvables, au Maroc comme à l’étranger.
Des bons nominatifs du Trésor, d’une valeur importante, n’ont pas encore été récupérés.

Des mouvements suspects ont été opérés dans plusieurs banques juste avant et immédiatement après le décès.

Plusieurs institutions financières m’ont opposé de nombreuses complications lorsque j’ai tenté d’obtenir des informations sur les comptes appartenant à mon père et m’ont imposé de saisir la justice pour pouvoir accéder à certains documents.
Les informations demeurent incomplètes, toujours et encore la nécessité de passer par le tribunal.

Cette attitude m’a profondément surpris et attristé, compte tenu des relations respectueuses et amicales que feu mon père entretenait avec ces institutions.

Je préfère croire que ce manque de coopération résulte moins d’une volonté personnelle que de mauvaises influences, de conseils biaisés ou d’informations erronées transmises par des personnes mal intentionnées.

Je garde espoir que la raison finira par l’emporter, car mon père a toujours été un homme de parole et de confiance, fidèle à ses engagements comme à ses partenaires.

Certains semblent aujourd’hui se réjouir de voir s’affaiblir l’œuvre qu’il a créée.
Mais qu’ils se souviennent : la grandeur d’un homme se mesure à son œuvre, à son intégrité et à sa fidélité envers son pays et son Roi.

Le conseil d’administration confisqué

Je suis resté administrateur, mais sans portefeuille.
Un administrateur « pour la forme », sans pouvoir.

Les réunions du Conseil ont été transformées en séances de pure apparence.

Encore tout récemment, le Conseil du 31 octobre 2024, tenu en visioconférence sans quorum ni procuration présentée, a produit un procès-verbal mensonger désignant Mme Tajmouati PDG.

Ce document, validé par les commissaires aux comptes présents, constitue un délit de faux en écriture : la procuration n’a jamais été déposée au greffe.

Les statuts ont été modifiés sans quorum pour autoriser la visioconférence, sous prétexte que la présidente, âgée et fatiguée, ne pouvait plus facilement se déplacer.

Mais en réalité, ces réunions à distance sont devenues un instrument de contrôle :

je n’ai pas accès aux documents,
je suis interrompu quand je pose des questions,
on passe directement au vote sans discussion,
et aucune trace des débats n’est conservée.

Le Conseil n’est plus qu’une séance de votes.
Un petit groupe minoritaire décide de tout.

Et c’est ce même clan qui a autorisé Mme Tajmouati à faire cautionner la holding à hauteur de 1,4 milliard de dirhams auprès des banques.

Elle signe ces engagements sans en comprendre la portée, alors que le groupe ne vit plus que de la dette.
Il n’y a plus de bénéfices, plus de dividendes, plus de trésorerie.

Les sociétés survivent sous perfusion, alors qu’à l’époque de mon père, tout reposait sur l’autofinancement, la prudence et la rigueur.

J’ai demandé des explications.
On m’a refusé tout accès aux contrats, tout document.

J’ai demandé que mes enfants, tous ingénieurs qualifiés issus des meilleures universités, puissent rejoindre le groupe de leur grand-père pour contribuer à sa relance, alors que nous manquons de cadres.

Elle m’a répondu qu’elle refusait, de crainte qu’ils m’informent de l’ampleur du désastre et que j’aille le déclarer en justice.

Hélas derrière Mme Tajmouati, ce sont Fouzi et Omar qui décident avec leur fragilité de sante, connue au sein de la famille

Ces vulnérabilités manifestes ne leur permettent pas d’assumer pleinement la direction d’un groupe dune telle ampleur

Désormais le sort de 25 000 familles salariées se joue dans l’ombre de cette situation…

L’appel à la raison

Face à cette situation, j’ai cherché des solutions pacifiques.

J’ai proposé la nomination de M. Mohamed Iraqi, ancien Directeur général de la SNEP dont il en a fait l’un des fleurons de l’industrie chimique du Maroc, ingénieur de l’École Centrale, un homme de grande expérience et d’intégrité. Une sommité.

C’était le profil idéal : neutre, compétent, respecté.
Sa nomination aurait ramené la stabilité.

Mais elle a été refusée à deux reprises.

La première fois, dans un climat violent : j’ai été physiquement agressé pour avoir défendu cette proposition.
Omar m’a lancé une théière brûlante au visage ; son geste a été évité de justesse par des personnes présentes, évitant le drame.

La seconde fois, alors que nous étions d’accord sur sa nomination, ils sont revenus sur leur parole en prétextant son âge : « Il est trop vieux » me dit elle.

J’ai répondu qu’il n’y avait aucune réelle différence d’âge entre lui et nous.
« Tu es nettement plus vieille que lui », ai-je ajouté.

Et j’ai rappelé que c’est justement son expérience, sa sagesse et sa compétence qui faisaient de lui un atout indispensable.

J’ai ensuite proposé une mise sous séquestre judiciaire, pour que la justice nomme un administrateur neutre chargé d’assurer la continuité et la transparence, une mesure de sauvegarde classique qui aurait stabilisé et préservé les actifs en attendant le règlement de la succession.

Là encore, refus catégorique.
Car tout repose sur le désordre : si la lumière entre, la vérité se voit.

Démarches institutionnelles

Face a la gravité de la situation et au blocage interne, j’ai adressé des courriers officiels aux hautes instances compétentes du pays afin de les informer.

J’y cherche protection, une écoute pour sauver ce qui pouvait l’être

Je rappelais que ma mère avait été placée à la tête de la holding sans disposer des compétences nécessaires, et que des milliers d’emplois étaient menacés mettant en péril l’œuvre d’une vie .Ma démarche était avant tout de protéger cette œuvre et a préservé la mémoire d’un homme profondément attaché a son pays et a son Ŕoi.

Gharb Papier Carton…

Parmi toutes les sociétés du groupe, GPC est celle qui symbolise le mieux la dérive.

En 2015, sous la présidence de mon père, une augmentation régulière de 65 % du capital, a été réalisée, souscrite en totalité en son nom et enregistrée conformément à la loi.

Mais en janvier 2024, cette augmentation a été annulée sur la base d’un procès-verbal mensonger signé par des administrateurs sans mandat, validé par deux commissaires aux comptes présents.

Quelques mois plus tard, un projet d’introduction en bourse a été lancé, fondé sur ce capital frauduleusement modifié.

J’ai adressé à Mme Tajmouati une lettre officielle pour m’y opposer.
Je dénonçais la fraude, le faux quorum, les montants irréguliers et j’exigeais la suspension immédiate de toute IPO.

J’ai informé l’AMMC et la banque conseil, et porté le dossier devant les tribunaux.

Ce projet, présenté, n’était qu’une opération de blanchiment interne destinée à légaliser la spoliation.

Les ramifications internationales

La même logique s’est étendue au-delà des frontières.

En France, Mme Tajmouati, Fouzi ont vendu un terrain estimé entre 20 et 70 millions d’euros et vendu pour seulement 3 millions euros.

Aucune assemblée, aucune convocation, aucune évaluation indépendante.
L’affaire est désormais devant les tribunaux.
Cette vente sous-évaluée a été menée sans transparence manifeste.

Au Luxembourg, une Holding concentrait des placements internationaux déclarés de manière régulière par feu mon père en 2014, conformément à la déclaration de contribution libératoire.

En avril 2016, quelques jours avant son décès, alors que mon père était hospitalisé et dans le coma, des transferts importants ont été opérés vers des sociétés écrans.
La totalité des actifs a aussi été détournée.

Une plainte pénale a été déposée.
Un administrateur provisoire a été nommé par le tribunal, mais l’enquête avance très lentement.

Pendant ce temps, Omar a tenté d’obtenir une exequatur frauduleuse d’un acte héréditaire marocain présenté comme un jugement, pour exécuter un partage et répéter à l’étranger le même scénario qu’au Maroc.

Partout, le même schéma :
des actifs déplacés hors du cadre légal, des signatures détournées et le silence comme méthode.

La Fondation : le cœur blessé

Même la Fondation d’utilité publique Miloud Chaâbi pour les œuvres sociales, créée pour prolonger l’esprit humaniste de mon père, a été dévoyée.

Elle s’est transformée en instrument financier parallèle, recevant et distribuant des fonds en dehors de tout cadre légal.

Des transferts importants de fonds ont été opérés depuis des sociétés du groupe ; des sommes en liquide distribuées sans reçu ; des biens immobiliers acquis sans accord, sans délibération régulière.

Une confusion grave entre les comptes des entreprises et ceux de la Fondation : tout y est, sans aucun audit, sans contrôle, sans transparence, sans encadrement managérial, sans direction financière ni registres réguliers.

Ce qui devait servir les plus démunis est devenu un outil de gestion parallèle.

C’est la blessure la plus douloureuse : voir le symbole de la générosité de mon père perverti par ceux qui se réclament encore de son nom.

C’est un déchirement pour moi qui ai vu mon père exiger, toute sa vie, probité, transparence et rigueur dès qu’il s’agissait de l’intérêt général.

Le recours à la justice

J’ai choisi la voie du droit.

Au Maroc, j’ai déposé une plainte pour abus de confiance, détournement et gestion frauduleuse contre Fouzi, afin d’examiner les opérations d’Ynna Holding, d’Aswak Assalam,d’autres filiales et de la Fondation.

Un expert judiciaire a été désigné pour auditer et rétablir la vérité.

En France et au Luxembourg, les procédures suivent leur cours. J’ai saisi l’office des changes et prochainement les services des douanes.

Pour GPC j’ai saisi l’AMMC et la justice afin que la transparence soit imposée par le respect de la loi. .

Fidélité et vérité

Ce combat n’est pas une querelle d’héritiers.
C’est une bataille morale.

Je ne réclame pas des parts.
Je réclame la justice et la transparence.

Je réclame une gouvernance saine au sein de notre groupe. Je souhaite que le nom de feu mon père M. Miloud Chaâbi reste ce qu’il a toujours été : le symbole d’un Maroc qui croit en la droiture et dans le travail acharné

Ce que je défends, c’est un héritage de valeurs, pas de fortune.

Ce combat n’est pas seulement personnel : il concerne aussi 25 000 familles salariées qui dépendent de ce groupe abandonné et qui vivent aujourd’hui dans l’incertitude la plus totale.

Derrière ces procès se joue aussi une bataille morale : celle de la fidélité à un homme qui a tout donné à son pays et à son Roi, et dont l’œuvre mérite d’être protégée pour protéger ces 25 000 familles salariées.

Parce que le silence est la complicité.
Et que la vérité, elle, ne meurt jamais.

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