Volodymyr Zelensky a entamé à Berlin une seconde série d’entretiens avec les émissaires du président américain Donald Trump, Jared Kushner et Steve Witkoff. Ces échanges, organisés à la chancellerie allemande, s’inscrivent dans une tentative de relance diplomatique autour d’un plan américain visant à instaurer un cessez-le-feu en Ukraine après près de trois années de guerre.
Le cœur des discussions repose sur un document en vingt points préparé par Washington. Ce projet suscite de nombreuses réserves à Kiev comme parmi les partenaires européens de l’Ukraine. Zelensky défend l’idée d’un gel de la ligne de front actuelle, qu’il présente comme une base pragmatique pour interrompre les combats sans entériner de pertes territoriales. Cette approche se heurte à la position russe, qui continue d’exiger le retrait ukrainien du Donbass, une revendication relayée, selon plusieurs sources, par certains interlocuteurs américains.
La réaction européenne demeure prudente. L’Allemagne accueille les discussions tout en cherchant à préserver l’unité occidentale. Plusieurs capitales redoutent qu’un accord précipité consacre un rapport de force favorable à Moscou. Le Kremlin, de son côté, attend un retour de Washington et maintient comme condition centrale la non-adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, un point qui reste l’un des principaux obstacles à toute solution politique.
Les enjeux dépassent la seule dimension diplomatique. Les combats se poursuivent sur le terrain, comme en témoignent les récentes frappes russes, y compris contre des infrastructures civiles. Cette réalité limite la portée immédiate des discussions et rappelle que toute avancée politique reste étroitement liée à la situation militaire.
Parallèlement, l’Union européenne s’efforce de consolider son soutien financier à Kiev. Un mécanisme reposant sur l’utilisation d’avoirs russes gelés figure parmi les options à l’étude, soulignant la volonté européenne de s’inscrire dans la durée. Cette dynamique renforce le rôle économique de l’UE, même si l’initiative diplomatique reste largement pilotée par les États-Unis.
Berlin s’impose ainsi comme un lieu de médiation sous haute tension. Les échanges se poursuivent dans un climat marqué par des intérêts divergents et des lignes rouges difficiles à concilier. L’issue des discussions demeure incertaine, tandis que l’Ukraine cherche à préserver ses marges politiques dans un processus où l’équilibre entre paix et concessions reste précaire.