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Le Congrès américain met définitivement fin aux sanctions contre la Syrie

18 décembre 2025 - 11:31

La levée permanente des sanctions ouvre la voie à un retour des investissements dans un pays ravagé par plus d’une décennie de guerre, marquant un tournant politique et diplomatique majeur.

Le Congrès des États-Unis a adopté, mercredi, une législation mettant fin de manière permanente aux sanctions imposées à la Syrie durant la période où Bachar al-Assad était au pouvoir. Cette décision, largement soutenue par les deux chambres du Parlement américain, ouvre la voie à une reprise progressive des investissements étrangers dans un pays profondément marqué par plus de dix années de conflit.

Le texte a été approuvé par le Sénat à une large majorité — 77 voix contre 20 — après avoir déjà reçu le feu vert de la Chambre des représentants. Il doit désormais être promulgué par le président Donald Trump, qui avait déjà suspendu à deux reprises l’application de ces sanctions au cours des derniers mois.

Ces suspensions temporaires répondaient notamment aux demandes de l’Arabie saoudite et de la Turquie, deux alliés du nouveau pouvoir syrien. Celui-ci est dirigé par Ahmed al-Sharaa, ancien chef d’une coalition armée qui a renversé Bachar al-Assad il y a un an, mettant fin à un régime qui dominait la Syrie depuis plusieurs décennies.

Le nouveau dirigeant syrien avait plaidé pour la levée des sanctions, estimant qu’elles freinaient toute perspective de reconstruction, en dissuadant les entreprises étrangères d’investir dans les infrastructures, l’énergie et les services de base. L’économie syrienne, affaiblie par la guerre et l’isolement international, peine en effet à se redresser sans apports extérieurs.

Pour la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, figure de proue de la commission des Affaires étrangères du Sénat, cette décision constitue « une étape décisive pour offrir au peuple syrien une réelle chance de reconstruire son pays après des décennies de souffrances inimaginables ». Ses propos traduisent l’idée, largement partagée au Congrès, que le maintien des sanctions n’était plus compatible avec la nouvelle donne politique à Damas.

Du côté syrien, la réaction officielle a été immédiate. Le gouvernement a salué ce vote comme un point de bascule historique, exprimant sa « gratitude et son appréciation » à l’égard du législatif américain. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, a évoqué « un développement positif qui ouvre de nouveaux horizons pour la coopération et le partenariat entre la Syrie et le reste du monde ».

Initialement, ces sanctions visaient à empêcher l’arrivée de capitaux étrangers destinés à la reconstruction, à un moment où il semblait que Bachar al-Assad avait consolidé sa victoire militaire à l’issue d’une longue guerre civile. Elles constituaient un levier de pression politique autant qu’économique.

Leur suppression marque aujourd’hui un changement d’approche stratégique de Washington, misant davantage sur l’intégration économique et diplomatique que sur l’isolement. Reste à savoir dans quelle mesure cette ouverture se traduira concrètement par des investissements durables et par une amélioration rapide des conditions de vie pour la population syrienne, encore confrontée à des défis humanitaires et sociaux considérables.

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