Le gouvernement affirme l’alignement complet du cadre national sur les standards internationaux, à l’approche d’une nouvelle évaluation du GAFI prévue en 2026.
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a reçu ce mardi le président de l’Autorité nationale du renseignement financier, Jouhar Nfissi, venu lui remettre le rapport annuel de l’institution au titre de l’année 2024. Cette rencontre a permis de dresser un état des lieux précis de l’évolution du dispositif marocain de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, dans un contexte marqué par un renforcement des exigences internationales.
Selon les informations communiquées par la présidence du gouvernement, l’année 2024 a été marquée par l’achèvement du processus d’alignement global du système national sur les normes édictées par le Groupe d’action financière. Cet alignement constitue une étape stratégique pour le Maroc, engagé depuis plusieurs années dans une réforme progressive de son architecture juridique, institutionnelle et opérationnelle en matière de transparence financière.
Parmi les avancées majeures figure l’adoption du troisième rapport national d’évaluation des risques liés au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme et à la prolifération des armes. Élaboré avec la contribution de l’ensemble des partenaires institutionnels concernés, ce document vise à améliorer la compréhension des risques systémiques, à affiner les mécanismes de prévention et à renforcer la coordination entre acteurs publics et privés.
L’année écoulée a également vu le lancement d’un plan d’action anticipatif destiné à préparer le pays à la troisième phase de l’évaluation mutuelle du dispositif national, prévue à partir de novembre 2026. Cette échéance constitue un test important pour la crédibilité internationale du Maroc, dans un environnement financier mondial de plus en plus attentif aux questions de conformité, de traçabilité et de gouvernance.
Sur le plan législatif, le rapport met en lumière les efforts entrepris pour moderniser le cadre juridique existant. Plusieurs projets de loi ont été élaborés en concertation avec les départements concernés, dont une révision en profondeur de la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux ainsi qu’un texte spécifique encadrant les actifs numériques. Ces réformes traduisent la volonté d’anticiper l’évolution rapide des instruments financiers et des risques associés aux nouvelles technologies.
Au niveau opérationnel, les indicateurs d’activité de l’Autorité nationale du renseignement financier affichent une progression notable en 2024. Cette dynamique concerne aussi bien les déclarations de soupçon reçues que les demandes d’informations échangées à l’échelle nationale et internationale, ainsi que les dossiers transmis aux autorités judiciaires compétentes.
Le rapport souligne par ailleurs l’intensification de la coopération du Maroc avec les organisations régionales et internationales spécialisées, dans le but de consolider la position du pays et d’honorer ses engagements multilatéraux en matière de lutte contre les flux financiers illicites.
La réunion a enfin permis de réaffirmer la nécessité d’accélérer l’adoption et la mise en œuvre des textes juridiques en préparation, tout en renforçant la coordination interinstitutionnelle. Un impératif présenté comme central pour garantir l’efficacité du dispositif national face à des menaces financières en constante mutation.