La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a affirmé devant la Chambre des représentants que le projet de loi visant à transformer l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) en société anonyme s’inscrit dans une option stratégique destinée à renforcer la souveraineté énergétique du Royaume, à améliorer la gouvernance des secteurs de l’énergie et des mines et à mettre fin aux fragilités structurelles révélées par les bouleversements géopolitiques et énergétiques mondiaux.
Intervenant mercredi lors des débats parlementaires consacrés à ce projet, la ministre a expliqué que ce texte marque le point de départ d’un chantier de réforme en profondeur touchant à la relation de l’État avec ses secteurs stratégiques. Elle a souligné que cette transformation résulte d’une évaluation globale de l’expérience de l’ONHYM et des contraintes auxquelles il a été confronté, notamment dans un contexte de forte dépendance énergétique qui a longtemps caractérisé le Maroc.
Leila Benali a rappelé que le Royaume a souffert, durant près de six années, d’une dépendance énergétique vis-à-vis de pays voisins, tant pour le gaz naturel que pour certaines composantes de l’infrastructure énergétique. Une vulnérabilité mise crûment en lumière par l’arrêt des approvisionnements en gaz en 2021, dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine et l’instabilité des marchés énergétiques mondiaux.
La ministre a insisté sur le fait que la souveraineté énergétique n’est pas un choix théorique, mais une nécessité économique et sociale. La rupture des flux gaziers menaçait alors des milliers d’emplois et la continuité de plusieurs unités industrielles sensibles, y compris des infrastructures vitales, ce qui a contraint l’État à accélérer la reconfiguration et la valorisation des infrastructures gazières nationales dans une logique pleinement souveraine.
Dans ce cadre, Leila Benali a tenu à préciser que la transformation de l’ONHYM en société anonyme ne signifie nullement un désengagement de l’État. Au contraire, elle vise à doter la puissance publique d’outils de gestion plus efficaces et plus flexibles, capables de positionner le Maroc face à la concurrence internationale dans le secteur stratégique des minerais, devenu un champ de rivalités majeures entre États. Elle a, à cet égard, évoqué plusieurs expériences internationales et africaines réussies ayant opté pour des modèles similaires afin de renforcer leur autonomie et leur attractivité dans les industries extractives.