L’Espagne assume sa politique migratoire devant ses partenaires européens.
À Bruxelles, le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska a défendu la régularisation de migrants annoncée par le gouvernement espagnol, affirmant que ce processus sera mené « avec toutes les garanties de légalité et de sécurité » pour l’ensemble de l’Union européenne.
Selon Madrid, cette initiative vise avant tout à protéger les droits de personnes déjà installées sur le territoire espagnol et intégrées dans la vie économique et sociale du pays.
Une réponse à une réalité économique et sociale
L’Espagne prépare un nouveau dispositif de régularisation destiné à des migrants en situation irrégulière pouvant démontrer leur enracinement dans le pays.
Plusieurs organisations estiment que la mesure pourrait concerner plusieurs centaines de milliers de personnes, souvent actives dans des secteurs essentiels de l’économie espagnole, comme l’agriculture, l’hôtellerie ou les services à la personne.
Pour le gouvernement de Pedro Sánchez, il s’agit également d’une réponse aux besoins du marché du travail dans un contexte de vieillissement démographique.
Un sujet sensible au sein de l’Union européenne
La question migratoire reste cependant l’un des dossiers les plus sensibles au sein de l’Union européenne.
Certains États membres craignent que des régularisations nationales puissent avoir des effets indirects sur l’ensemble de l’espace européen, notamment en raison de la liberté de circulation.
Madrid insiste donc sur le fait que cette politique sera menée dans le respect des règles européennes et en tenant compte de l’équilibre du espace Schengen, considéré comme l’un des acquis majeurs de l’intégration européenne.
Coopération policière et sécurité
Lors de la réunion des ministres européens de l’Intérieur, Marlaska a également souligné le rôle central de Europol dans la coopération policière européenne, notamment dans la lutte contre le terrorisme et les réseaux criminels transnationaux.
Pour Madrid, la régularisation des migrants et le renforcement de la sécurité européenne ne sont pas contradictoires : ils font partie d’une même stratégie visant à mieux gérer les flux migratoires et à stabiliser les sociétés européennes.