Réunis à Paris, les ministres des Finances du G7 ont affiché ce mardi une position commune en faveur de la réouverture du détroit d’Ormuz, fermé sur fond d’escalade militaire entre l’Iran, les États-Unis et Israël, mettant en garde contre ses lourdes conséquences sur l’énergie, la sécurité alimentaire et les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le ministre canadien des Finances, Jean-Philippe Champagne, a affirmé ce mardi que le G7 était « uni » pour réclamer la réouverture du détroit d’Ormuz ainsi que « la fin des hostilités », dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de turbulences économiques internationales.
À l’ouverture de la deuxième et dernière journée de la réunion des ministres des Finances du G7 à Paris, Champagne a indiqué que cette position figurerait dans le communiqué final du sommet.
Le responsable canadien a qualifié le blocage du détroit d’Ormuz — intervenu après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février dernier — de « dossier complexe » aux répercussions économiques majeures.
Au-delà de la hausse des prix du pétrole et du gaz, il a insisté sur les conséquences pour la sécurité alimentaire mondiale, en raison de l’envolée des prix des engrais. Le golfe Persique étant l’une des principales zones de production au monde, les exportations sont fortement perturbées par la fermeture du détroit.
Jean-Philippe Champagne a également évoqué les effets sur l’industrie technologique mondiale, notamment la pénurie d’hélium, indispensable à la fabrication des semi-conducteurs.
Le ministre canadien s’est félicité des « discussions importantes » menées lundi entre les membres du G7 sur la sécurisation de l’approvisionnement en minerais critiques dans un monde « de plus en plus complexe et volatil », plaidant pour des chaînes logistiques « plus résilientes ».
Cette deuxième journée réunit également plusieurs pays invités par la présidence française du G7, parmi lesquels le Brésil, l’Inde, la Corée du Sud et le Kenya, ainsi que le Qatar, les Émirats arabes unis et la Syrie. L’Ukraine avait participé aux travaux de lundi.
La réunion doit s’achever avec la présentation du communiqué final par le ministre français Roland Lescure.
Dans l’après-midi, la France organisera une conférence internationale consacrée à la lutte contre le financement du terrorisme, avec la participation annoncée de 75 pays. Elle sera ouverte par Roland Lescure et le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, avant une clôture assurée par le président français Emmanuel Macron, hôte du prochain sommet du G7 prévu à Évian du 15 au 17 juin.