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La Chine alerte sur les risques d’escalade après l’attaque visant une centrale nucléaire aux Émirats

19 mai 2026 - 11:36

Pékin a exprimé sa « profonde préoccupation » après l’attaque par drone contre des installations liées à la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, dans un contexte régional marqué par les tensions entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés du Golfe.

La Chine a exprimé ce mardi sa « profonde préoccupation » après l’attaque visant des installations liées à la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, tout en appelant à un cessez-le-feu immédiat afin d’éviter une nouvelle escalade au Moyen-Orient.

Lors d’un point de presse à Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a rappelé que la Chine s’oppose fermement à toute attaque contre des installations nucléaires civiles et pacifiques.

Le responsable chinois a insisté sur le fait que la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale des pays du Golfe devaient être « effectivement respectées », tout en soulignant la nécessité de protéger les civils ainsi que les infrastructures non militaires.

Pékin a également réaffirmé que la priorité immédiate devait être l’obtention d’un cessez-le-feu « global » et la fin des combats afin d’empêcher un élargissement du conflit dans une région déjà fortement fragilisée.

Les déclarations chinoises interviennent après l’annonce faite dimanche par les autorités émiraties concernant l’impact d’un drone contre un générateur électrique situé à l’extérieur du périmètre interne de la centrale nucléaire de Barakah, dans la région d’Al Dhafra.

Selon le ministère émirati de la Défense, l’incident n’a provoqué ni fuite radiologique ni victime humaine. Les autorités ont également indiqué que deux autres drones avaient été interceptés par les systèmes de défense aérienne du pays.

À ce stade, aucune partie n’a officiellement revendiqué l’attaque, tandis que les autorités émiraties poursuivent leurs investigations afin de déterminer l’origine exacte des drones.

L’incident survient dans un contexte régional particulièrement explosif, marqué par la fragile trêve entre Iran et les États-Unis après plusieurs semaines de tensions militaires impliquant également Israël.

Ces derniers mois, le Moyen-Orient connaît une multiplication des frappes indirectes, des opérations de représailles et des incidents sécuritaires autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part essentielle du commerce énergétique mondial.

L’attaque contre des infrastructures liées à une centrale nucléaire ravive par ailleurs les inquiétudes internationales concernant la vulnérabilité des installations civiles sensibles dans les zones de conflit.

Même si les autorités émiraties ont assuré que les réacteurs nucléaires de Barakah n’avaient pas été touchés, plusieurs observateurs estiment que cet épisode marque une nouvelle étape dans la régionalisation des tensions sécuritaires au Golfe.

La centrale de Barakah, première centrale nucléaire du monde arabe, constitue l’un des projets énergétiques les plus stratégiques des Émirats arabes unis. Elle symbolise également la volonté des monarchies du Golfe de diversifier leurs sources d’énergie au-delà des hydrocarbures.

Dans ce contexte, la réaction rapide de Pékin reflète aussi les intérêts croissants de la Chine dans la stabilité du Golfe persique, région cruciale pour son approvisionnement énergétique et ses nouvelles routes commerciales internationales.

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